Band 
[Texte.]
Seite
706
JPEG-Download
 

706

APJPEÊTS DES TISSUS.

par les piliers du cadre, et qui porte à ses deux bouts des pi-gnons u, u ', qui communiquent avec les deux crémaillères T'T'.Cet arbre s’étend sur le devant du cadre et porte à son extrémitéune roue à déclic que la figure n’indique pas. L’ouvrier n’a doncbesoin que de saisir le manche et de le disposer dans la direc-tion de celle-ci pour hausser les crémaillères et le cylindre Tqu’elles portent, ou de lever le cliquet, et de tourner le manchedans la direction contraire, quand il veut baisser le rouleau demanière à appliquer le drap sur une portion plus grande dutambour et à augmenter la tension; celle qu’il reçoit sur lalongueur tend à le faire rétrécir. Pour obvier à cet inconvénient,des ouvriers maintiennent la pièce de chaque côté sur sa largeur,pendant la durée de l’opération. On fait des tentatives pour sup-primer cette partie de travail, en cherchant à étendre et à soutenirl’étoffe par un mécanisme. La vitesse la plus convenable à donnerà une bonne lainerie est de 80 à 90 tours à la minute.

Tondage. Aucun travail n’offre peut-être un exemple plus frap-pant que celui du tondage, des avantages réels obtenus par lessubstitutions des machines au travail manuel. Parmi toutes lesopérations d’une manufacture de drap, celle-ci est aujourd’huiune des plus légères, des mieux réglées, et une de cellesqui dépensent le moins de force. L’était, il y a une trentained'années encore, une des plus pénibles, et une de celles dontl’exécution réclamait les ouvriers les plus habiles et les plus ro-bustes. Duhamel Dumonceau , qui a décrit l'art de la draperieen 1765, s’exprime ainsi: « Il est reconnu que le métier de» tondeur est le plus rude de toute la fabrique : les tondeurs» fatiguent plus encore quand ils ont de mauvaises forces ou» qu’elles sont mal émoulues. Dans ce travail, tous les membres» sont en action et continuellement tendus pour tenir la force en» respect; le talon de la main droite est surtout la partie qui» fatigue le plus; aussi les apprentis se plaignent-ils qu’ils souf-» frent de tous leurs membres, et surtout du bras droit qui leur» devient enflé. »

On n’obtenait cependant que peu de résultats pour tant d’ef-forts. C’est à peine si un homme pouvait tondre 30 mètres dedrap dans sa journée, tandis qu’une tondeuse mécanique ordinaire