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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. 65

les viandes quil appelle immondes ? Dvient quil nous défend de toucher un corpsmort j et que pour purifier notre ame, ilnous ordonne de nous laver sans cesse lecorps ? Il me semble que les choses ne sonten elles-mêmes ni pures ni impures : jene puis concevoir aucune qualité inhérenteau sujet, qui puisse les rendre telles. Laboue ne nous paroît sale que parce quelleblesse notre vue, ou queîquautre de nossens ; mais en elle-même elle ne lest pasplus que lor et les diamans. Lidée desouillure contractée par lattouchement duncadavre ne nous est venue que dune cet-,taine répugnance naturelle que nous enavons. Si les corps de ceux qui ne se laventpoint ne blessoient ni lodorat ni la vue ,comment auroit - on pu simaginer quilsfussent impurs?

Les sens, divin Mollak , doivent doncêtre les seuls juges de la pureté ou de lim-pureté des choses ? Mais, comme les objetsnaffectent point les hommes de la mêmemanière ; que ce qui donne une sensationagréable aux uns , en produit une dégoû-tante chez les autres ; il suit que le témoi-gnage des sens ne peut servir ici de règle 3à moins quon ne dise que chacun peut à safantaisie décider de ce point, et distinguer,pour ce qui le concerne, les choses puresdavec celles qui ne le sont pas.

Mais cela même, sacré Mollak, ne ren-

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