Persanes. 55
poussière que vos pieds lout élever, lorsquele soleil est dans son midi dans le mois ar-dent de Chahban.
Aussi le zénith de votre esprit ne va pasau nadir de celui du moindre des Im-maums (i): votre vaine philosophie est cetéclair qui annoncel’orageetl’obscurité: vousêtes au milieu de la tempête, et vous errezau gré des vents.
Il est bien facile de répondre à votre dif-ficulté: il ne faut pour cela que vous raconterce qui arriva un jour à notre saint prophète ,lorsque tenté par les chrétiens, éprouvé parles juifs, il confondit également les uns etles autres.
Le juif Abdias Ibesalon (2) lui demandapourquoi Dieu avoit défendu de mangerde la chair de pourceau. Ce n’est pas sansraison , répondit Mahomet : c’est un ani-mal immonde ; et je vais vous en con-vaincre. Il fit sur sa main avec de la bouela figure d’un homme ; il la jeta à terre ,et lui cria : levez-vous. Sur le champ , unhomme se leva et dit : Je suis Japhet, filsde Noé. Avois-tu les cheveux aussi blancsquand tu es mort , lui dit le saint pro-phète ? Non , répondit-il : mais quand tum’as réveillé , j’ai cru que le jour du juge-ment étoit venu ; et j’ai eu une si grande
( 1 ) Ce mot est plus en usage chez les Turcs quecliez les Persans.
(2) Tradition Mahométane.
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