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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. 8i

quon nomme le théâtre. Aux deux côtésou voit dans de petits réduits quon nommeloges, des hommes et des femmes qui jouentensemble des scènes muettes, à peu prèscomme celles qui sont en usage en notrePerse.

Ici, cest une amante affligée, qui exprimesa langueur; une autre plus animée dévoredes yeux son amant qui la regarde de même :toutes les passions sont peintes sur les vi-sages , et exprimées avec une éloquencequi, pour être muette, nen est que plusvive., les actrices ne paroissent quàdemi-corps, et ont ordinairement un man-chon par modestie, pour cacher leurs bras.Il y a en bas une troupe de gens debout,qui se moquent de ceux qui sont en hautsur le théâtre ; et ces derniers rient à leurtour de ceux qui sont en bas.

Mais ceux qui prennent le plus de peine,sont quelques gens quon prend, pour ceteffet, dans un âge peu avancé, pour sou-tenir la fatigue. Ils sont obligés dêtre par-tout ; ils passent par des endroits queuxseuls eonnoissent, montent avec une adressesurprenante détage en étage; ils sont enhaut, en bas, dans toutes les loges; ilsplongentpour ainsi dire ; on les perd,ils reparaissent ; souvent ils quittent le lieude la scene ,et vont jouer dans un autre. Onen voit même qui, par un prodige quonnauroit osé espérer de leurs béquilles,

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