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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes.

dmation et du devoir ; les plaisirs mêmes ysont graves, et les joies sévères , et on ne lesgoûte presque jamais que comme des mar-ques dautorité et de dépendance.

Les hommes même nont pas en Perse lagaieté quont les François ; on ne leur voitpoint cette liberté desprit et cet air contentque je trouve ici dans tous les états et danstoutes les conditions.

Cest bien pis en Turquie , lon pourroittrouver des familles de père en fils per-sonne na ri depuis la fondation de la monar-chie.

Cette gravité des Asiatiques vient du peude commerce quil y a entre eux : ils ne sevoient que lorsquils y sont forcés par la cé-rémonie. Lamitié, ce doux engagement ducœur, qui fait ici la douceur de la vie, leurest presque inconnue : ils se retirent dansleurs maisons ils trouvent toujours unecompagnie qui les attend ; de manière quechaque famille est pour ainsi dire isolée.

Un jour que je mentretenoîs-dessusavec un homme de ce pays-ci, il me dit : Cequi me choque le plus de vos mœurs, cestque vous êtes obligés cîe vivre avec des es-claves, dont le cœur e t lesprit se sentent tou-jours de la bassesse de leur condition 5 cesgens lâches affoiblissenten vous les sentimensde la vertu que lon tient de la nature, etilsles ruinent depuis lenfance quils vous ob-sèdent.