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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes.

ix3

ser la vie, sans perdre un moment lardeurde te servir. Combien de fois ai-je dit en moi-même : Jai un maître plein de douceur, etje suis le plus malheureux esclave qui soitsur la terre !

Je te lavoue, magnifique Seigneur, je neme croyois pas destiné à de plus grandes mi-sères ; mais ce traître deunuque a voulu met-tre le comble à sa méchanceté. Il y a quel-ques jours que, de- son autorité privée, il medestina à la garde de tes femmes sacrées,cest-à-dire, à une exécution qui serait pourmoi mille fois plus cruelle que la mort. Ceuxqui, en naissant, ont eu le malheur de rece-voir de leurs cruels parens un traitement pa-reil, se consolent peut-être sur ce quilsnont jamais connu dautre état que le leur ;mais quon me fasse descendre de lhumanité,et quon men prive, je mourrois de dou-leur, si je ne mourais pas de cette barbarie.

Jembrasse tes pieds , sublime Seigneur,dans une humilité profonde. Fais en sorteque je sente les effets dune vertu si respec-tée , et quil ne soit pas dit que, par ton or-dre , il y ait sur la terre un malheureux de plus.

Des jardins de F aime > le 7 de fa ilune de Maharram, i^i 3 .

'"Jéêè is