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professe ? Mais le moyen le plus sûr poury parvenir, est sans doute d’observer lesrègles de la société et les devoirs de l’hu-manité; car, en quelque religion qu’on vive’,dès qu’on en suppose une, il faut bien que !l’on suppose aussi que Dieu aime les hom- Imes, puisqu’il établit une religion pour les 1rendre heureux ; que s’il aime les hommes, '
on est assuré de lui plaire en les aimant aussi, jc’est-à-dire, en exerçant envers eux tous les |devoirs de la charité et de l’humanité , et ;en ne violant point les loix sous lesquelles jils vivent.
Par là, on est bien plus sûr de plaire àDieu , qu’en observant telle ou telle céré-monie ; car les cérémonies n’ont point undegré de bonté par elles-mêmes; elles nesont bonnes qu’avec égard, et dans la sup-position que Dieu les a commandées ; maisc’est la matière d’une grande discussion : onpeut facilement s’y tromper ; car il faut choi- (sir les cérémonies d’une religion entre cellesde deux mille.
Un homme faisoit tous les jours à Dieu cette prière : Seigneur, je n’entends riendans les disputes que l’on fait sans cesse à !votre sujet : je voudrais vous servir selon !votre volonté, mais chaque homme que jeconsulte ,veut que je vous serve à la sienne. ;Lorsque je veux vous faire ma prière, jje ne sais en quelle langue je dois vousparler. Je ne sais pas non plus en quelle
posture