Persanes.’ i3$
on ne croircit jamais que ce fût line peined’en être exilé : cependant, dès qu’un grandest disgracié, on le relègue en Sibérie .
Comme la loi de notre prophète nous dé-fend de boire du vin, celle du prince le dé-fend aux Moscovites.
Ils ont une manière de recevoir leurs hôtes,qui n’est point du tout persane. Dès qu’unétranger entre dans une maison, le mari luiprésente sa femme : l’étranger la baise ; etcela passe pour une politesse faite au man.
Quoique les pères , au contrat de mariagede leurs filles, stipulent ordinairement quele mari ne les fouettera pas, cependant onne sauroit croire combien les femmes mos-covites aiment à être battues ( i ) : elles nepeuvent comprendre qu’elles possèdent lecœur de leur mari, s’il ne les bat comme ilfaut. Une conduite opposée de sa part, estune marque d’indifférence impardonnable.Voici une lettre qu’une d’elles écrivit der-nièrement à sa mère.
Ma chère Mère,
Je suis la plus malheureuse femme dumonde ; il n’y a rien que je n’aie fait pourme faire aimer de mon mari, et je n’ai ja-mais pu y réussir. Hier, j’avais mille af-faires dans la maison ; je sortis , et je de-meurai tout le jour dehors : je crus, à monretour, qu’il me battroit bien fort . mais il
( i ) Ces mœurs sont changées.