Persanes. 143veut faire la jeune, et elle y réussit ; carcela approche de l’enfance. Ah bon Dieu !dis - je en moi - même, ne sentirons - nousjamais que le ridicule des autres? C’estpeut-être un bonheur, 'disois - je ensuite,que nous trouvions de la consolation dansles foiblesses d’autrui. Cependant j’étois entrain de me divertir, et je dis : Nousavons assez, monté ; descendons à présent,et commençons par la vieille qui est ausommet. Madame, vous vous ressemblez,si fort, cette Dame à qui je viens de parleret vous, qu’il semble que vous soyez deuxsœurs ; je vous crois à peu près de mêmeâge. Vraiment, Monsieur, me dit-elle,lorsque l’une mourra, l’autre devra avoirgrand’peur : je ne crois pas qu’il y aitd’elle à moi deux jours de différence.Quand je tins cette femme décrépite, j’allaià celle de soixante ans. 11 faut, Madame ,que vous décidiez un pari que j’ai fait :j’ai gagé que cette Dame et vous, luimontrant la femme de quarante ans, étiezde même âge. Ma foi, dit-elle, je necrois pas qu’il y ait six mois de différence.Bon ! m’y voilà ; continuons. Je descendisencore, et j’allai à la femme de quaranteans. Madame, faites-moi la grâce de medire si c’est pour rire que vous appelezcette Demoiselle qui est à l’autre table, votrenièce? Vous êtes aussi jeune qu’elle : ellea même quelque chose dans le visage de
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