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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. 143veut faire la jeune, et elle y réussit ; carcela approche de lenfance. Ah bon Dieu !dis - je en moi - même, ne sentirons - nousjamais que le ridicule des autres? Cestpeut-être un bonheur, 'disois - je ensuite,que nous trouvions de la consolation dansles foiblesses dautrui. Cependant jétois entrain de me divertir, et je dis : Nousavons assez, monté ; descendons à présent,et commençons par la vieille qui est ausommet. Madame, vous vous ressemblez,si fort, cette Dame à qui je viens de parleret vous, quil semble que vous soyez deuxsœurs ; je vous crois à peu près de mêmeâge. Vraiment, Monsieur, me dit-elle,lorsque lune mourra, lautre devra avoirgrandpeur : je ne crois pas quil y aitdelle à moi deux jours de différence.Quand je tins cette femme décrépite, jallaià celle de soixante ans. 11 faut, Madame ,que vous décidiez un pari que jai fait :jai gagé que cette Dame et vous, luimontrant la femme de quarante ans, étiezde même âge. Ma foi, dit-elle, je necrois pas quil y ait six mois de différence.Bon ! my voilà ; continuons. Je descendisencore, et jallai à la femme de quaranteans. Madame, faites-moi la grâce de medire si cest pour rire que vous appelezcette Demoiselle qui est à lautre table, votrenièce? Vous êtes aussi jeune quelle : ellea même quelque chose dans le visage de