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L E T T B. B S
LETTRE L X I I.
ZÉLIS A U S B E K ,
T A fille ayant atteint sa septième année,j’ai cru qu’il étoit temps de la faire passerdans les appartemens intérieurs du sérail, etde ne point attendre qu’elle ait dix ans,pour la confier aux eunuques noirs. On nesauroit de trop bonne heure priver une jeunepersonne des libertés de l’enfance, et luidonner une éducation sainte dans les sacrésmurs où la pudeur habite.
Car je ne puis être de l’avis de cesmères qui ne renferment leurs filles quelorsqu’elles sont sur le point de leur don-ner un époux ; qui, les condamnant au sé-rail plutôt qu’elles ne les y consacrent,leur font embrasser violemment une ma-nière de vie qu’elles auroient dû leur ins-pirer. Faut-il tout attendre de la force dela raison, et rien de la douceur de l’habi-tude ?
C’est en vain que l’on nous parle de lasubordination où la nature nous a mises :ce n’est pas assez de ndus la faire sentir,
il