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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. 171

aoître : mon esprit perd insensiblement toutce qui lai reste dasiatique, et se plie sanseffort aux mœurs européennes. Je ne suis-plus si étonné de voir dans une maison cinqou six femmes avec cinq ou six hommes ,et je trouve que cela nest pas mal imaginé.

Je le puis dire : je ne connois les femmesque depuis que'je suis ici : jen ai plus apprisdans un mois, que je nanrois fait en trenteans dans un sérail.

Chez nous, les caractères sont tous uni-formes , parce quils sont forcés : on ne voitpoint les gens tels quils sont , mais telsquon les .oblige dêtre: dans cette servitudedu cœur et de lesprt , on nentend parlerque Sa crainte , qui na quun langage ; etnon pas la nature , qui sexprime si diffé-remment et qui par oit sous tant de formes.

La dissimulation , cet art parmi nous sipratiqué et si nécessaire, est ici inconnue:tout parle, tout se voit, tout sentend: lecœur se montre comme le visage : dans lesmœurs, dans la vertu, dans le vice même,on apperçoit toujours quelque chose de naïf.

Il faut , pour plaire aux femmes , uncertain talent différent de celui qui leurplaît encore davantage : il consiste dans uneespèce de badinage dans lesprit , qui lesamuse, en ce qud semble leur promettre àchaque instant ce quon ne peut tenir quedans de trop longs intervalles.

Ce badinage naturellement fait pour les

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