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5 (1805) Lettres Persannes
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194 Lettres

mourront si vous nous séparez. Je me donneà vous, payez-moi ; peut- être que cet ar- !gent et mes services pourront quelque jourobtenir de vous ce que je nose vous de-mander. Il est de votre intérêt de ne nouspoint séparer : comptez que je dispose desa vie. LArménien étoit un homme doux,qui fut touché de nos malheurs. Servez- |moi lun et lautre avec fidélité et aveczèle, et je vous promets que dans un anje vous donnerai votre liberté. Je vois quevous ne méritez ni lun ni lautre les mal-heurs de votre condition. Si, lorsque vous |serez libres, vous êtes aussi heureux que 'vous le méritez ; si la fortune vous rit,je suis certain que vous me satisferez de ;la perte que je souffrirai. Nous embras-sâmes tous deux ses genoux, et le sui- !vîmes dans son voyage. Nous nous soula- 'gions lun et lautre «dans les travaux de jla servitude , et jétois charmé lorsque !javois pu faire louvrage qui étoit tombéà mai sœur.

La fin de lannée arriva ; notre maîtretint sa parole , et nous délivra. Nous re- ;tournâmes à Tefflis : , je trouvai un an- jcien ami de mon père qui exercoit avecsuccès la médecine dans cette ville ; il me ;prêta quelquargent, ayec lequel je fis quel- ;que négoce. Quelques affaires mappelèrentensuite à Smyrne je métablis. Jy visdepuis six ans , et jy jouis de la plus al *