Buch 
5 (1805) Lettres Persannes
Entstehung
Seite
200
JPEG-Download
 

200 Lettres

borner la science de Dieu . Comme il faitagir les créatures à sa fantaisie , il con-noît tout ce quil veut connoître. Mais quoi-quil puisse voir tout, il ne se sert pastoujours de cette faculté ; il laisse ordi-nairement à la créature la faculté dagirou de ne pas agir, pour lui laisser cellede mériter ou de démériter : cest pourlors quil renonce au droit quil a dagirsur elle et de la déterminer. Mais quandil veut savoir quelque chose, il le saittoujours 5 parce quil na quà vouloirquelle arrive comme il la voit, et déter-miner les créatures conformément à sa vo-lonté. Cest ainsi quil tire ce qui doit arri-ver du nombre des choses purement pos-sibles , en fixant par ses décrets les déter-minations futures des esprits , et les pri-vant de la puissance quil leur a donnéedagir ou de ne pas agir.

Si lon peut se servir dune comparai-son , dans une chose qui est au-dessus descomparaisons : un monarque ignore ce queson ambassadeur fera dans une affaire im-portante : sil le veut savoir , il na quàlui ordonner de se comporter dune tellemanière ; et il pourra assurer que la chosearrivera comme il la projette.

Lalcoran et le livre des Juifs sélèventsans cesse contre le dogme de la prescienceabsolue : Dieu y paraît par-tout ignorerla détermination future des esprits ; et il