Persanes. 40S
sent que les hommes, comme toutes lescréatures qui teudent à conserver leur être,aiment passionnément la vie ; on sait celaen général ; et on cherche pourquoi, dansune certaine occasion particulière, ils ontcraint de la perdre ?
Quoique les livres sacrés de toutes les na-tions soient remplis de ces terreurs pani-ques ou surnaturelles, je n’imagine rien desi frivole, parce que, pour s’assurer qu’uneffet qui peut être produit par cent millecauses naturelles ., est surnaturel, il fautavoir auparavant examiné si aucune de cescauses n’a agi ; ce qui est impossible.
Je ne t’en dirai pas davantage, Nathanaël ;il me semble que la matière ne mérite pasd’être si sérieusement traitée.
De Paris , le 10 ch la lune deChabhan, 1719.
P. S. Comme je finissois, j’ai entenducrier dans la rue une lettre d’un médecin deprovince à un médecin de Paris ; ( car icitoutes les bagatelles s’impriment,se publientet s’achètent ). J’ai cru que je ferois bien dete l’envoyer, parce qu’elle a du rapport ànotre sujet ( i ),
( 1) L’auteur , dans le manuscrit qu’il amit confié, doson virant , aux libraires, a jugé à propos de faire desrelranchemens. On n’a pas cru devoir en priver le lecteur,qui les trouvera ici en notes.
II y a Lien des choses que je n’entends pas ; mais toi ,qui es médecin , tu dois entendre le langage de tes con-frères.