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5 (1805) Lettres Persannes
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Lettres

LETTRE CLI.

Sous A UsbÈR,

A Paris .

Si je gardois plus long-temps le silence,jeserois aussi coupable que tous ces criminelsque tu as dans le sérail.

Jétois le confident du grand eunuque,le plus fidelle de tes esclaves. Lorsquil sevit près de sa fin, il me fit appeler, et medit ces paroles : Je me meurs ; mais le seulchagrin que jaie en quittant la vie, cest quemes derniers regards ont trouvé les femmesde mon maître criminelles. Le Ciel puissele garantir de tous les malheurs que je pré-vois ! Puisse, après ma mort, mon ombremenaçante venir avertir ces perfides de leurdevoir , et les intimider encore ! Voilà lesclefs de ces redoutables lieux 5 va les porterau plus vieux des noirs. Mais si après mamort il manque de vigilance , songe à enavertir ton maître. En achevant ces mots,il expira dans mes bras.

Je sais quil técrivit, quelque tempsavant sa mort, sur la conduite de tes femmes.J1 y a dans le sérail une lettre qui aurait