Persane*,
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LETTRE C L V I I.
Z A CH I A U S B E K ,
O ciel ! un barbare m’a outragée jusque*daus la manière de me punir ! Il m’a infligéce châtiment qui commence par alarmerla pudeur 5 ce châtiment qui met dans l’hu-miliation extrême, ce châtiment qui ramènepour ainsi dire à Penfance.
Mon ame, d’abord anéantie sous la honte,reprenoitle sentiment d’elle-même, et com-mençait à s’indigner, lorsque mes cris firentretentir les voûtes de mes appartemens. Onm’entendit demander grâce au plus vil detous les humains, et tenter sa pitié à mesurequ’il étoit plus inexorable.
Depuis ce temps son ame insolente etservile s’est élevée sur la mienne. Sa pré-sence, ses regards , ses paroles , tous lesmalheurs viennent m’accabler. Quand jesuis seule, j’ai du moins la consolation deverser des larmes ; mais lorsqu’il s’offre àma vue , la fureur me .saisit, je la trouveimpuissante, et je tombe dans le désespoir.Le tigre ose me dire que tu es l’auteur
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