34 LA vallée de l’ariége.
mille à une famille, un homme à un homme. Ce sontpartout les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, lamême langue, les mêmes idées, le même cadred’existence. Dans le territoire intérieur de l’Union ,l’Américain peut se croire partout chez lui, et à causede cela je ne serais pas surpris que nulle part il nes’y sentît. C’est un superbe damier qui tous les jourss’embellit, mais qui partout s’embellit de la mêmemaniéré, d’après les mêmes règles et dans la mêmemesure; les hommes y sont rangés comme des piè-ces , toutes de même taille, toutes de bonne propor-tion géométrique, toutes bien dressées, sur un échi-quier. Par moment, l’on est vivement tenté de croireque quelqu’un de ces jours, la vie s’y réduira pourtous, si les ébats de la démagogie et la guerre ci-vile ne s’en mêlent, au mouvement des pions dansune partie d’échecs.
Dans les temps anciens, un tout petit pays commela Gi •èce a pu être habité par vingt peuples divers ,
génie de la mécanique, révolution qui a eu des résultats aussi gigan-tesques que ceux de l’imprimerie. Par elle s’est transformé le carac-tère du commerce de l’Ouest, et ce qui jusqu’ici n’avait paru qu’unehyperbole, s’est trouvé devenir de la pratique courante. Le temps etl’espace sont anéantis. Pittsburg et la Nouvelle-Orléans se tiennentpar la main comme deux sœurs. Un voyage de Cincinnati à la Nou velle-Orléans , qui exigeait autrefois autant de préparatifs qu’une ex-cursion lointaine jusqu’à Calcutta , se réduit aux proportions d’unesimple visite chez les voisins.
» Toutes ces choses, je les ai vues, et cependant je puis encore medire l un di-s plus jeunes fils de l’Ouest. »