LA VALLÉE DE LARIÉGE. Ô7
là des piliers pour soutenir le poids des couches supé-rieuresdu terrain,les anciens, lest neux pères, commedisent les mineurs de Belgique , ont bouleversé leterrain, ont fait craquer la cime de Rancié, ont briséet confondula stratification dusol. Toutes les cavitésqu’ils avaient ménagées au hasard se sont réuniespar des écroulements successifs en une seule, qui,comme désordre, est plus admirable que le chaosde Gavarnie. On y trouve une salle ayant pour ban-quettes, pour tapisseries, pour pavé, pour pendentifset pour caissons à la voûte, des blocs anguleux me-naçants, à demi détachés, quelques uns gros commedes maisons. Elle est de dimension telle, qu’on pour-rait y loger aisément Notre-Dame de Paris avec sesdeux tours et, par dessus les tours, la colonne Ven dôme . Lorsque je suis allé voir la mine , l’ingénieurqui nous conduisait avait fait allumer des torchesd’espace en espace, du haut en bas de cette vastenef ; des mineurs tenant des morceaux de sapin em-brasés sautaient de roche en roche ; l’un d’eux s’étaithissé sur un bloc triangulaire isolé, posé comme unepyramide au milieu de la caverne , et que l’ingé-nieur appelle sa tête d’Ossian . L’explosion de la pou-dre, qui mettait en éclat des massifs de minerai dansd’autres ateliers éloignés, se répercutait dans tousles coins de cette chambre de Titans. Nous question-nions les mineurs sur les dangers qu’ils couraient,lorsqu’au printemps, quand vient le dégel, la mon-tagne en travail agite ses flancs, et que les rochers ,