PROJET DE M. VALLÉE. [439
l’automne et au printemps, il cesse d’être en état deporter les bateaux. Le lac de Genève présente une su-perficie d’environ 600 millions de mètres carrés; seseaux s’élèvent en été et s’abaissent en hiver, et la dif-férence entre les plus basses eaux et les plus hautesest de 2“,67. Trop élevées, elles inondent les bordsdu lac, au grand détriment des riverains ; trop basses,la navigation est gênée, non seulement dans le Rhône ,que le lac alimente, mais aussi sur cette belle napped’eau elle-même, du moins à Genève . Il serait utile,pour les propriétaires des rives du lac, dé régler lesvariations de son niveau entre des limites bien fixes.Il serait avantageux, pour les habitants de la vallée duRhône, que l’on pût, en temps de débordement, rete-nir les eaux du fleuve dans le lâc. II serait indispen-sablede combiner le débit du fleuve de manière à rendrela navigation permanente.
Pour accomplir ces objets divers, M. Vallée proposei° un barrage mobile, susceptible par conséquent des’abaisser et de s’ouvrir quand on voudrait désemplirle lac: ce barrage serait à Genève ; 2 0 un draguage duchenal du fleuve, depuis le lac jusqu’à l’Arve ; 3 ° unedigue de 2,000 mètres environ de longueur, qui parti-rait du quai méridional de Genève et longerait la riveseptentrionale du lac; cette digue, établie sur un haut-fond, aurait pour effet de faciliter l’abord de Genève aux navires à vapeur du lac.
« Moyennant ces travaux, dit M. Vallée, on auraità Genève , dans les basses eaux du Rhône , mesurées àLyon , un produit d’eau qui triplerait, peut-être, pendanttoute leur durée, celui du fleuve en amont du confluentde la Saône ; on aurait une réserve d’eau d’un milliardde mètres cubes, susceptible de se remplir d’une à dentou trois fois par an ; oh aurait, par l’augmentation du