de M. de Montesquieu. ïl|4ont le nom a si peu besoin d’ancêtres : maisu’envions point à leur mémoire l’éclat quece nom répand sur elle.
Les succès de l’enfance, présage quelque-fois si trompeur, ne le furent point dansCharles de Secondât ; il annonça de bonneheure ce qu’il devoit être ; et son père donnatous ses soins à cultiver ce génie naissant,objet de son espérance et de sa tendresse.Dès l’âge de vingt ans , le jeune Montesquieu préparait.déjà les matériaux de l’Esprit desLoix, par un extrait raisonné des immensesvolumes qui composent le corps du droitcivil: ainsi autrefois Newton avoit jeté, dèssa première jeunesse , les fondemens desouvrages qui l’ont rendu immortel. Cepen-dant l’étude de la jurisprudence , quoiquemoins aride pour M. de Montesquieu quepour la plupart de ceux qui's’j livrent,parce qu’il la cultivoit en philosophe , nesuffisoit pas à l’étendue et à l’activité de songénie, il 'approfondissoit , dans le mêmetemps , des matières encore plus impor-tantes et plus délicates ( 1 ), et les discutaitdans le silence avec la sagesse, la décenceet l’équité qu’il a depuis montrées dans se#ouvrages.
Un oncle paternel, président à mortier
(1) Cetoit un ouvrage en forme de [titres,dont le but étoit de prouver que l’idolâtrie de laplupart des païens ne paroissoit pas mériter unedamnation éternelle. (Note de M. d'Aîembert, )
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