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1 (1805) Esprit des loix
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x Éloge

son et le danger. M. de Montesquieu sentitle coup quune pareille accusation pouvoitporter à sa personne, à sa famille , à latranquillité de sa vie. Il nattachoit pas assezde prix aux honneurs littéraires, ni pour lesrechercher avec avidité, ni pour affecter deles dédaigner quand ils se présentaient àlui , ni enfin pour en regarder la simple pri-vation comme un malheur: mais lexclusionperpétuelle, et sur-tout les motifs de lex-clusion, lui paroissoient une injure. Il vit leministre, lui déclara que , par des raisonsparticulières, il navouoit point les Lettres Persanes , mais quil était encore plus éloignéde désavouer un ouvrage dont il croyoitnavoir point à rougir ; et quil devoit êtrejugé daprès une lecture,et non sur une déla-tion. Le ministre prit enfin le parti paril auroit- commencer; il lut le livre, aimalauteur, et apprit à mieux placer sa con-fiance. Lacadémie, françoise ne fut pointprivé© dun de ses plus beaux ornemens; etla France eut le bonheur de conserver unsujet que la superstition et la calomnieétaient prêtes à lui faire perdre : car M.Montesquieu avoit déclaré au gouverne-ment , quaprès lespèce doutrage quonalloit lui faire, il iroit chercher chez les.étrangers qui lui tendoient les bras, la sû-reté , le repos, et peut-être les récompensesquil auroit espérer dans sou pays» La;