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1 (1805) Esprit des loix
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XVI
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xvj Éloge

Après avoir parcouru lItalie , M. de Mon-tesquieu vint en Suisse . Il examina soigneu-sement les vastes pays arrosés par le Rhin 5et il ne lui resta plus rien à voir en Allema­ gne , car Frédéric ne régnoit pas encore. Ilsarrêta ensuite quelque temps dans lesProvinces-Unies , monument admirable dece que peut lindustrie humaine, animée parlamour de la liberté. Enfin , il se rendit enAngleterre, il demeura deux ans. Dignede voir et dentretenir les plus grands hom-mes , il neut à regretter que de navoir pasfait plutôt ce voyage. Locke et Newtonétaient morts 5 mais il eut souvent lhonneurde faire sa cour à leur protectrice , la célè-bre reine dAngleterre , qui cultivoit la phi-losophie sur le trône, et qui goûta, commeelle le devoit, M. de Montesquieu. Il ne futpas moins accueilli par la nation, qui na-voit pas besoin sur cela de prendre le tonde ses maîtres. Il forma à Londres des liai-sons intimes avec des hommes exercés àméditer, et à se préparer aux grandes chosespar des études profondes. Il sinstruisit aveceux de la nature du gouvernement, et par-vint à le bien connoître. Nous parlons icidaprès les témoignages publics que lui enont rendu les Anglois eux-mêmes, si jalouxde nos avantages , et si peu disposés à re~connoître en nous aucune supériorité.

Comme il navoit rien examiné , ni avecla prévention dun enthousiaste , ni avec