3/(2 De l’esprit des Loix,doit consister dans la privation de tous lesavantages que donne la religion; l’expulsionhors des temples ; la privation de la sociétédes fidelles, pour un temps ou pour tou-jours ; la fuite de leur présence; les exécra-tions , les détestations, les conjurations.
Dans les choses qui troublent la tranquil-lité ou la sûreté de l’état, les actions ca-chées sont du ressort de la justice humaine.Mais dans celles qui blessent la Divinité, làoù il n’y a point d'action publique, il n’y apoint de matière de crime : tout s’y passeentre l’homme et Dieu , qui sait la mesureet le temps de ses vengeances. Que si, con-fondant les choses, le magistrat rechercheaussi le sacrilège caché, il porte une inqui-sition sur un genre d’action où elle n’est
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x _u détruit la liberté des
citoyens, en armant contre eux le zèle desconsciences timides, et celui des conscienceshardies.
Le mal est venu de cette idée, qu’il fautvenger la Divinité. Mais il faut faire honorerla Divinité, et ne la venger jamais. En effet,si l’on se conduisoit par cette dernière idée ,quelle serait la fin des supplices? Si les loixdes hommes ont à venger un Etre infini ,elle se régleront sur son infinité, et non pas
ceux qui juraient, que le pape se crut obligé del’en avertir. Ce prince modéra son zèle , et adoucitses loix. Voyez ses ordonnances.