3Ê4 De l’esprit des Loix,
» ensuite celle de tout le peuple.» Cette loidu Deutéronome ( i ) ne peut être une loicivile chez la plupart des peuples que nousconuoissons , parce qu’elle y ouvrirait laporte à tous les crimes.
La loi qui ordonne dans plusieurs états ,sous peine de la vie , de révéler les conspi-rations auxquelles même on n’a pas trempé,n’est guère moins dure. Lorsqu’on la portedans le gouvernement monarchique, il esttrès-convenable de la restreindre.
Elle n’y doit être appliquée, dans toute«a sévérité , qu’au crime de lèse-majesté aupremier chef. Dans ces états, il est très-im-portant de ne point confondre les différentchefs de ce crime.
Au Japon , où les loix renversent toutesles idées de la raison humaine, le crime denon-révélation s’applique aux cas les plusordinaires.
Une relation ( 2 ) nous parle de deuxdemoiselles qui furent enfermées jusqu’àla mort dans un coffre hérissé de pointes ;l’une, pour avoir eu quelque intrigue degalanterie ; l’autre , pour ne l’avoir pas ré-vélée.
( r ) Chap. xfil, vers. 6,7, 8 et 9.
( 2 ) Recueil des voyages qui ônt servi à rétablis-sement de la compagnie dçsIndes, page4^3, iiv.y j part. a.