3C6 De l’es?rit des Lois Jplus proches pareils (i). Ils chassèrent uneinfinité de familles. Leurs républiques enfurent ébranlées ; l’exil ou le retour desexilés furent toujours des époques qui mar-quèrent le changement de la constitution.
Les Romains furent plus sages. LorsqueCassius fut condamné pour avoir aspiré àla tyrannie, on mit en question si l’on feroitmourir ses enfans : ils ne furent condamnésà aucune peine. « Ceux qui ont voulu , dit» Denys d’Halicamasse ( 2 ), changer cette» loi à la fin de la guerre des Marses et de» la guerre civile, et exclure des charges» les enfans des proscrits par Sylla , sont» bien criminels. »
On voit dans les guerres de Marius etde Sylla , jusqu’à quel point les âmes, chez,les Romains, s’étoient peu-à-peu dépravées.Des choses si funestes firent croire qu’on neles reverrait plus. Mais sous les triumvirs ,on voulut .être^us cruel, et le paraîtremoins : on est désolé de voir les sophismesqu’employa la cruauté. On trouve dansAppien (3) la formule des proscriptions.Vous diriez qu’on n’y a d’autre objet que lebien de la république, tant on y parle desang froid, tant on y montre d’avantages,
( I ) Tyrctnno occiso , quinque ejus proximos cogna-tione, magistratus necato. Cicéron , de inventions tlib. 11.
( f )Liv. VIII, pag.547..
(3) Des guerres civiles, liv. IV.