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Tome premier.
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II
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AVANT-PROPOS.

autres sciences et fit des progrès. La découverte de l’Amérique donnaune nouvelle impulsion à ce goût naissant, et le nombre des végétauxconnus augmenta avec une grande rapidité.

Il s’ensuivit une sorte de confusion dans la nomenclature, et il fallutmettre de l’ordre dans ces richesses qui chaque jour s’accumulaient. Acet effet, divers systèmes furent imaginés et donnèrent lieu à la publica-tion d’ouvrages d’une profonde érudition, résultats de recherches péni-bles, signés des noms de Coesalpin, de Gesner , des frères liauhin. Aprèsces fondateurs de la science vint Tournefort, qui fixa la botanique en laséparant de la médecine et des sciences physiques, ainsi qu'Hippocrate avait fait de la médecine en la séparant de la philosophie. Tournefortmit en lumière ce plan méthodique que quelques auteurs avant luiavaient tenté d’organiser. Sa méthode, bien que n’étant que la based’une autre plus parfaite, fit faire plus de progrès à la botanique en vingtans qu’elle n’en avait fait en deux siècles avec les anciennes notions.Tournefort simplifia la science dans ses principes; mais elle restait dif-fuse dans ses développements : les espèces n’étaient pas limitées, leurscaractères restaient à indiquer, il fallait enfin compléter la science.

Il était réservé à Linné de donner un nouvel et puissant essor à labotanique ; il créa pour elle un nouveau langage. Il analysa les organesdes végétaux, il suivit les progrès de la végétation depuis les feuilles sé-minales jusqu’à la fructification, et trouva le secret qui avait échappé àses prédécesseurs et qui le conduisit à la découverte du système des vé-gétaux. Ses ouvrages, dont un seul aurait suffi pour l’immortaliser,frappés au coin du génie, sont remplis de conceptions hardies, d’obser-vations fines et piquantes qui viennent à l’appui et frappent par leursagacité. L’élan que donnèrent les travaux de cet homme remarquablefut extraordinaire; l’Europe fut inondée de Flores dans lesquelles chacunvoulait créer des genres et nommer des espèces. Parmi les auteurs decette époque , on doit pourtant distinguer le célèbre Adanson , dont lestravaux étonnent par les connaissances profondes qui s’y trouvent ras-semblées.

Enfin parut Ant.-Laurcnt de Jussieu, nom cher à la botanique, quifit faire à cette science un pas immense en ■ la basant sur des prin-cipes invariables. Sa méthode naturelle, résultat de recherches profondes,d’observations nombreuses et savamment dirigées, a pour but de classerles végétaux par groupes rapprochés selon leurs rapports les plus intimes ;il découvrit les trois modes d’insertions {hypogyne, pèrigxyne, épigyne)dont la connaissance facilite d’une manière si précise et si claire l’étudedes végétaux et établit des lois dont l’ensemble présente aux botanistesun système d’une netteté remarquable.

Depuis, les jardins et les collections n’ont cessé de s'enrichir, lenombre des amateurs s’est augmenté, le besoin d’ouvrages français quicontinssent l’énumération des plantes cultivées se fit sentir. Le Diction-naire Encyclopédique, dont la publication a été commencée par Lamark