AVANT-PROPOS.
Cet ouvrage renferme l’histoire des bibliothèques qui ont existé à Paris depuis le x e siècle jusqu’à la Révolution. Je dis ailleurs quelles reflexionsfait naître cette étude, quels enseignements on en peut retirer; je ne veuxici qu’indiquer en quelques mots le but que je me suis propose et la marcheque j’ai suivie.
L histoire littéraire de Pans est encore à faire. Le passé de notre vieillecité offre des aspects si nombreux et si variés, tant d’objets sollicitaientsimultanément l’attention des écrivains et des chercheurs, que tous ont né-gligé ce côté pourtant si glorieux de nos annales. La Commission des Tra-vaux historiques de la Ville de Paris a pensé que, à raison même de l’oubli oùelle a été laissée jusqu’ici, notre histoire littéraire devait de bonne heureêtre représentée dans la collection qui se publie aujourd’hui sous les aus-pices de l’Administration municipale. De là, l’honneur qu’a ce modeste ou-vrage d’y figurer un des premiers.
L amour et le besoin de l’étude ne commencent à se manifester chez unpeuple que quand sa civilisation a acquis un certain développement. Presqueinsaisissables à Paris avant le ix e siècle, c’est sous Charlemagne qu’appa-raissent les premiers symptômes de ces aspirations élevées par lesquellesune nation prouve quelle est définitivement sortie de l’enfance. Charlemagne ,pour lui-même et pour sa famille, crée l’école palatine; mais il n’entend passe réserver le monopole de l’instruction : des circulaires adressées aux évêqueset aux abbés leur prescrivent d’organiser dans les églises et les monastèresdes cours publics et gratuits; un peu plus tard, Remi d’Auxerre ouvre àParis la première école privée qui y ait existé. Voilà le début, l’humble ber-ceau au moins, de notre célèbre Université parisienne. Elle résiste aux
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