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PRÉFACE.
séder plus d’un million de volumes. La Révolution s en empara, y joignitles livres saisis chez les émigrés, et partagea le tout entre les trois seulesbibliothèques quelle conserva : celle du Roi, celle du collège Mazarin et cellede l’abbaye de Sainte-Geneviève.
L’origine de chacune de ces anciennes collections, leurs accroissements,leurs vicissitudes, le souvenir des personnages éminents, des hommes dé-voués qui les ont créées, enrichies ou illustrées, voilà donc ce que l’on doitrencontrer dans ce livre. Le sujet est restreint, et j’ai tenu à ne pointm’en écarter. S’il remplit tant de pages, c’est qu’il avait été laissé jusqu icidans un oubli complet : tout était à retrouver, mais tout aussi était à dire;ce sera à la fois mon excuse pour les erreurs que j’ai pu commettre, etma justification auprès de ceux qui me reprocheraient d’avoir trop in-sisté sur ce chapitre si humble de l’histoire littéraire de Paris . Il est facilede s’en convaincre, mes notices sur les plus célèbres même des grandesbibliothèques universitaires ou conventuelles, celles, par exemple, de l’égliseNotre-Dame , de la Faculté de médecine, de l’abbaye de Saint-Victor, de laSorbonne, ont été écrites presque exclusivement d’après des documentsinédits.
Pas un fait, cependant, qui ne s’appuie sur une autorité de ce genre, ousur un fac-similé, toutes les fois que cela est utile. Nul n’avait songé non plus àrecueillir les estampilles, les inscriptions, les ex libris, les marques bibliogra-phiques qu avaient adoptés les anciennes bibliothèques de Paris . La Commis-sion des Travaux historiques de la Ville, loin de reculer devant les frais con-sidérables qu’exigeait la reproduction de ces curieux témoignages du passé,me pressait d’être aussi complet que possible. En pareille matière, il estinterdit de s’engager à rien, puisque le hasard seul sert de guide; j’ai donnédu moins tout ce que dix années de recherches dans nos bibliothèques ac-tuelles m’ont permis de découvrir.
Ces reproductions, faites avec un soin extrême et une minutieuse fidélité,contribuent certainement pour une large part à l’intérêt que peut présentercet ouvrage; je tiens donc à citer ici les habiles artistes que la Ville de Paris a généreusement mis à ma disposition, et qui ont bien voulu se chargerd’exécuter sous ma direction tous les fac-similé que le texte réclamait.