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Tome premier.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .

trièrne au doyen de Tours . On s’occupa aussi de dresser l’inventaire des livres,travail qui exigea plusieurs mois. Déjà Pierre d’Orgemont avait tenu sa promesseet offert à l’église une Bible annotée en seize volumes, un traité de médecine, unLeclura O de Nicolas de Lyre, un cours de droit civil, comprenant les deux Digesteset YInfortiat; enfin un cours de droit canonique composé du Decretum de Gratieuet des Clémentines. Les chanoines, pour reconnaître cette libéralité, décidèrent que,par une faveur toute spéciale, de gratia speciali, l’évêque recevrait désormais deuxpains de Chapitre ® chaque jour, lorsqu’il résiderait dans la maison épiscopale.

La bibliothèque était-elle encore à cette époque mise au service des étudiants?Nous n’avons à cet égard aucun renseignement certain; nous croyons cependantpouvoir conclure de deux phrases de nos manuscrits qu’il y avait alors à la ca-thédrale deux bibliothèques distinctes, la bibliothèque de l’église et celle des éco-liers®, composée sans doute des ouvrages qui avaient été expressément léguéspour eux. Si cette hypothèse est fondée, il y a lieu de penser que cette se-conde collection était restée fidèle à son organisation primitive. Ce qui est certain,c’est que l’église prêtait des livres non-seulement à des ecclésiastiques étrangers àla cathédrale, au trésorier de la chapelle de Bourges par exemple, mais encore àses prisonniers; nous voyons, en effet, à la date du i 3 décembre 1Û09, les cha-noines ordonner la mise en liberté d’un sieur Jean de Montigni, alors détenu dansles prisons du Chapitre®, en spécifiant qu’il devra auparavant restituer en bonétat un ouvrage qui lui avait été confié.

Pendant l’année lût a, la bibliothèque, qui venait d’acheter le commentairede saint Bonaventure sur les Sentences de Pierre Lombard , changea encore unefois de local. Déjà, en 1 4 o 5 , il avait été question de la déplacer, et l’on avait alorssongé à la transporter dans l’église même, au-dessous de la chapelle du doyende Tours ; mais cette idée paraît avoir été promptement abandonnée, et les livresfurent enfin installés dans les combles de l’église, au-dessus des voûtes, supra tes-tudines seu voilas; on y arrivait par l’escalier que contient la tour de gauche.

111 On donnait à cette époque le nom de Lecluraà tout commentaire détaillé sur un ouvrage quel-conque.

(2) On sait quelle réputation avaient autrefois lespetits pains appeiésprmes canonici ou panes capitulares.

131 II semble même qu’il y ait eu alors une petitecollection spécialement affectée à l’usage du chan-celier ; voyez plus loin le manuscrit de la bibliothèquede l’Arsenal, ajulij îiûg et 2 1 augusti ii 58 .

(4) Il y avait deux prisons à Notre-Dame , celle del’Officialité et celle du Chapitre. La première consis-tait en une haute tour enclavée entre la sacristie etla chapelle du palais épiscopal. Elle existait déjàau xiv” siècle; 011 lit, en effet, dans une charte de

1 3 7 h , que trplusieurs prisonniers qui estaient con-crdampnés à la peine de oubliete et autres se sonttreschapez de la geôle de la court de l’official de Pa-ir ris. » (Ducange , Glossarium infimes latinitatis, au motOblivium, t. IV, p. 681.) La situation des prisonsdu Chapitre est aujourd’hui fort difficile à préciser;il est cependant probable qu elles touchaient la rueSaint-Pierre-aux-Bœufs et le cul-de-sac Sainte-Ma-rine. Sur un fait odieux qui s’y passa en 1252,voyez l’abbé Lebeuf, Histoire de la ville et du diocèsede Paris , t. IX, p. 367.

L’évêque de Paris avait son échelle et son pilorisur la place du Parvis ; ceux du Chapitre de Notre-Dame étaient près du port Saint-Landry.