30 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
à faire dans la maison claustrale qu’avait habitée le donateur W. Un des chanoinesfut à cette occasion chargé de visiter avec soin la librairie, et de vérifier si tousles livres portés sur l’inventaire étaient en place. Plus tard, en août i53o, leChapitre ordonna la confection d’un nouveau catalogue.
Trois ans après, une personne dont le nom ne nous a pas été conservé offrità l’église un grand nombre de volumes imprimés et manuscrits, représentant unevaleur de mille écus d’or. Le Chapitre constata que la bibliothèque était troppetite pour qu’on pût y placer une donation si considérable; il délégua en mêmetemps deux de ses membres pour chercher un endroit plus vaste et susceptibled’être converti en librairie. Comme bien d’autres décisions des chanoines, celle-cine fut pas exécutée, et dans les procès-verbaux suivants il n’est plus question nide cette libéralité, ni d’un changement de local pour la bibliothèque. En revanche,de i 525 à i538, on s’occupa d’y faire quelques réparations, on remit à neuf unvitrage qui, sans doute, la recouvrait; on entreprit aussi de restaurer les tabletteset les armoires.
L’église avait déjà, depuis plusieurs années, un écrivain et un enlumineur quisemblent avoir été attachés à la bibliothèque d’une manière permanente. Le pre-mier se nommait Pierre Blondeau; il est, sur les registres, qualifié de scriplor li-brorurn ecclesiæ; dans sa séance du 2 mars 1628 , le Chapitre lui permit de s’ins-taller, pour écrire, dans une petite galerie située entre la panneterie et la librairie.L’enlumineur, iliuminator libronm, s’appelait Etienne Courault; en 1 53fi, on luidonna une somme de trente-six sols pour avoir orné de lettres dorées quatremanuscrits appartenant à la cathédrale. Disons ici qu’en 1 538 les chanoinesarrêtèrent que l’église ferait imprimer un manuscrit qui renfermait le commen-taire de Pierre Lombard sur le psautier
Pendant les années qui suivirent, le Chapitre s’efforça de faire rentrer dans lalibrairie des volumes qui avaient été soit prêtés, soit détournés. Déjà, en i 522,il avait ordonné un inonitoire général contre ceux qui avaient enlevé le Légen-daire de l’église. En i5ûi, M. de Gaigny, confesseur du roi, possédait depuis plu-sieurs années le traité de saint Prosper De vita conlemplativa , qui lui avait étéprêté; un professeur de grammaire, nommé Guillaume, avait également empruntéun manuscrit grec et hébreu provenant du legs de David Chambellan. La garde
(1) Il s’était installé, le 16 novembre 1 5 1 o, dansla maison claustrale auparavant occupée par Jeande Pierrepont, évêque de Meaux . (Gallia chrisliana,t. VII, col. ai5.) Quand un chanoine logé dans lecloître venait à mourir, la maison qu’il avait habitéeétait laissée pendant quinze jours à la dispositionde sa famille; elle était ensuite visitée par un déléguédu Chapitre, et les réparations qui paraissaient né-cessaires étaient aussitôt entreprises aux frais de la
succession du défunt. La maison, une fois restau-rée, était vendue à un autre chanoine.
(2) Ce travail jouit pendant longtemps d’unevogue presque égale à celle des Sentences. On enconnaît une multitude de manuscrits ; ils portent lesnoms de Calena, Magna Glossa, etc. C’est en effetune interprétation très-étendue, et beaucoup pluscomplète que celle d’Anselme de Laon , qui étaitclassique avant le travail de Pierre Lombard .