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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
Cette dernière phrase montre suffisamment quel désordre s’était introduit,depuis une quarantaine d’années, dans la bibliothèque de l’église; mais nous enavons d’autres preuves encore. Le Père L. Jacob, qui écrivait vers 16Ô2, constateque l’église de Paris et a possédé une splendide bibliothèque b); ■» trente ans après,un chanoine de la cathédrale nous dit qu’cc il y avoit autrefois en l’église de Nostre-cf Dame une bonne biblioteque, dont l’inscription se voit encore dans une chambre«qui est sur les cloistres de S.-Denis-du-Pas » Ces témoignages, rapprochésdu silence des autres auteurs, semblent bien indiquer que la collection était tom-bée dans l’oubli au xvn e siècle. Elle conservait cependant plusieurs des anciensmanuscrits qui l’avaient illustrée, et un savant ecclésiastique allait lui rendre pourun moment une partie de sa célébrité.
La séance que tint le Chapitre de Notre-Dame le 19 juillet 1680 fut pour labibliothèque une des plus importantes que nous ayons encore rencontrées. J^echancelier® fit d’abord connaître que le très-illustre et très-révérend seigneurarchevêque de Paris ® avait donné au Chapitre huit volumes des actes du clergéde France . Cet exemple eut aussitôt des imitateurs : un des chanoines, nomméLefèvre, et le chantre Claude Joly , promirent tous deux de léguer leur bibliothèqueà l’église. Nous n’avons aucun détail sur la première de ces donations, nous savonsseulement que les livres qui composaient la bibliothèque de Lefèvre avaient étérassemblés par ses oncles Coqueley. Elle était, d’ailleurs, beaucoup moins richeque celle de Claude Joly. Celui-ci, petit-fils du fameux Antoine Loisel , étudia ledroit, se fit recevoir avocat, et plaida quelque temps avec succès; il renonça toutà coup au barreau, obtint, en 16 3 1, un canonicat à l’église de Paris , et devintchantre en 1671®. Loisel, en mourant, lui laissa tous ses livres®. Claude Joly ,érudit distingué et auteur de plusieurs ouvrages estimés, s’appliqua à augmenterce premier fonds et finit par rassembler une bibliothèque extrêmement précieuse.
(1) L. Jacob, Traiclé des plus belles bibliothèques,p. 585 .
(2) Cl. Joly, Des écoles ecclesiastiques et épisco-pales, p. 2/12.
(3> C’était alors Nicolas Coquelin, qui fut chance-lier du 27 avril 1679 au 2 7 janvier i 6 g 3 .
(i) François de Harlay-Chanvallon, qui fut faitarchevêque de Rouen à vingt-six ans. Il ne sut sefaire estimer ni de ses diocésains ni des dissidents.Il persécuta les protestants avec une haine que larévocation de l’édit de Nantes parvint à peine àsatisfaire, en même temps que le scandale de savie privée permettait à Tallemanl des Réaux de lefaire figurer dans plus d’une anecdote fort peuédifiante. 11 fut nommé archevêque de Paris le3 janvier 1671, partagea avec le P. Lachaise laconfiance de Louis XIV , et mourut d’un accès
d’épilepsie (Saint-Simon , Mémoires, t. I", p. 290),le 6 août 1695.
Madame de Coulanges, écrivant à madame deSévigné, raconte que le clergé se trouva dans ungrand embarras pour faire l’éloge du défunt : «■ I!trn’y a, dit-elle, que deux petites bagatelles qui«rendent cet ouvrage difficile, c’est la vie et la« mort.» (Lettre du 12 août 1696, à la suite deslettres de madame de Sévigné.)
m Niceron , Mémoires pour servir à l’histoire deshommes illustres de la république des lettres, t. IX,p. 116 et 118. — Cl. Joly, Des ecoles épiscopaleset ecclésiastiques, p. 5q2.
(6) «Tous les anciens manuscrits contenus dans«le catalogue cy dessus ont appartenu à M. Loi -«sel, avocat, célébré frondeur. A sa mort, ils«passèrent à M. Joly, chantre de cette eglise.»