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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
et achetait des livres, des manuscrits, des médailles et des raretés de toutes sortes.Ces dei'nières acquisitions donnèrent naissance au cabinet de curiosités qui devintsi fameux dans le siècle suivant, et sur lequel nous aurons à revenir. Dumolinetfut assez heureux pour l’enrichir d’une partie de l’admirable musée de Peiresc®,qui avait mis à contribution l’Italie et l’Orient. 11 est vrai qu’en revanche les Gérto-véfains furent alors forcés « d’offrir généreusement n à la bibliothèque du roi troiscents médailles de bronze ®. Cette perte ne découragea pas Dumolinet, et, voulantse consacrer tout entier à l’organisation de son cabinet d’antiquités, il demandaqu’on lui adjoignît pour la bibliothèque le P. Lebossu. Celui-ci mourut trois ansaprès, en 1680, à l’abbaye de Saint-Jean de Chartres , dont il était devenu prieur.Dumolinet lui survécut seulement sept années, et on lui donna pour successeurle P. Sarrebourse. La bibliothèque possédait alors environ vingt mille volumesimprimés et quatre cents manuscrits. Laissons encore parler l’historien de l’abbaye :cr Quoyque, comme j’ay desja dit, les anciens manuscrits de cette maison ayent estéccdissipez, on en a neantmoins depuis trente ans recouvert quelqu’uns de ceux-laccqui se sont rencontrez chez des libraires et ailleurs, et on en a acquis encore«d'autres®. Quant aux imprimés, « ils sont, tant grands què petits, de toutes les« facultés, très bien conditionnez, et de belles éditions. Les matières les plus amples«et les plus mieux fournies sont les Bibles, les interprètes de l’escriture sainte,«les conciles. . . On a dessein d’augmenter ces facultez le plus qu’il se pourra, et«d’avoir tous les bons livres des autres dont on a desja un nombre fort conside-« râble.» La bibliothèque possédait encore à cette époque «les globes celeste et«terrestre les plus grands et les plus exacts, les spberes des sistemes differents de«Ptolemée , de Copernique, comme aussy ceux des conjonctions des planètes »Les richesses de la bibliothèque Sainte-Geneviève allaient être subitementpresque doublées par une généreuse donation. Charles-Maurice Letellier , arche-vêque de Reims , fds du célèbre chancelier, avait réuni une admirable biblio-thèque , « choix riche et exquis de ce qu’il y avoit de meilleur en livres ®, ■» et quifut longtemps sous la direction de Philippe Dubois®. Craignant quelle ne fut dissi-pée après sa mort®, le prélat la légua à l’abbaye de Sainte-Geneviève : «.Ma
«première intention, dit-il dans son testament®, étoit de donner a mondit ne-«veu l’abbé de Louvois ma bibliothèque; mais, reflection faite, j’ay cru quelle
(1) Jacquemart, Remarques sur les abbayes, col-légiales, etc. supprimées, p. 102.
(2) Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu roi, p. 278.
(3) Histoire manuscrite de Sainte-Geneviève et deson église royale (1687 ), p. 882.
(4) Histoire manuscrite de Sainte-Geneviève et deson église, p. 911.