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Tome premier.
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ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS .

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considérable de manuscrits, et était riche surtout en ouvrages de jurisprudenceEn 1717, A. de Harlay disposa par testament de cette magnifique collection. 11laissa à la bibliothèque du collège Louis-le-Grand tous les imprimés®, et les ma-nuscrits à M. de Gbauvelin ®, qui fut successivement garde des sceaux et ministredes affaires étrangères. Celui-ci, à son tour, légua tous ces manuscrits à l’abbayede Saint-Germain-des-Prés ®. Ils étaient alors au nombre de 1, 55 9 et M. de

Chauvelin y ajouta une centaine de volumes achetés par lui.

Mentionnons encore ici deux donations dont nous ne connaissons pas l’impor-tance : l’une provenant d’une demoiselle de Joncoux, l’autre du s r Alexis des Essarts

C’est vers cette époque que furent nommés deux nouveaux bibliothécaires,Dom Pater et Dom Lièble®, qui étaient destinés à assister aux derniers momentsde la congrégation. Philippe-Louis Lièble, paléographe d’un grand mérite, étaitentré de bonne heure dans l’ordre de Saint-Benoit; bientôt admis à Saint-Germain-des-Prés , la régularité de sa conduite, son assiduité au travail et lesuccès d’un de ses livres, dans lequel il recherchait quelles avaient été les limitesde l’empire de Charlemagne, le firent choisir pour bibliothécaire. Dans cettesituation, il rendit, par son érudition et son inépuisable complaisance, d’im-menses services à ses confrères et aux savants qui venaient mettre à profit lesrichesses bibliographiques de l’abbaye.

La Révolution supprima l’ordre de Saint-Benoît en même temps que les autrescommunautés religieuses; mais la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés nefut point fermée ; Dom Lièble en conserva la direction. Son zèle l’entraîna mêmetrop loin à cette époque. Dom Levaux, son ami, qui travaillait à la continuationdu Gallia chrisliana, avait emporté chez lui i 5 o volumes et quelques manuscritsappartenant à la bibliothèque, et il résistait aux instances de Dom Lièble, qui lepressait de les restituer. Sur son refus obstiné, celui-ci publia contre son confrèreun pamphlet intitulé La mauvaise chance ou le petit bossu. La police ainsi préve-nue intervint et opéra une saisie chez Dom Levaux. Les livres rentrèrent donc àl’abbaye, où les attendait un incendie à jamais déplorable. Le 2 fructidor an 11(19 août 179Û), le feu prit au milieu d’un magasin de salpêtre qu’on avait enl’imprudence d’établir précisément au-dessous de la bibliothèque ®. Dans les bâti—

historiam literariam, p. 9/1, et Jugler, Bibliothecahisloriœ liuemriœ, t. I, p. 224 , donnent le chiffreévidemment inexact de 1,000 volumes.

11 Sauvai, Histoire de Paris , t. III, p. 52 .

Maichelius, Inlroductio ad historiam literariam,p. 94.—D’Auvigny, etc. Hist. de Paris , t. I, p. h 8 g.

<3) Piganiol de la Force , Description historique deParis , t. V, p. 4 a 3 .

Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers,F B, p. 5 1 4 .

( 5 ) Déclaration des biens mobiliers des religieuxde l’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, pré-sentée eiiijyo. Archives de l’Empire, série S, cartonn" 2858.

l°) D. Tassin , Histoire littéraire de la congréga-tion de Saint-Maur, préface, p. xiij.

(7 > Jacquemart, Becherches sur les abbayes, col-légiales, etc. p. 11a. — Leprince, Essai historiquesur la bibliothèque du roi, p. 345.

(8 > Duval, Souvenirs thermidoriens, t. I, p. 269.

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