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H y eut un moment de trêve entre les deux adversaires. Quelques élèves deGuillaume de Champeaux l’avaient suivi à Saint-Victor; le célèbre réaliste youvrit des cours®, et Abélard redevint volontairement une seconde fois son dis-ciple. Mais l’influence de ce grand esprit se fit de nouveau sentir : on le pressade reprendre son enseignement, le successeur de Guillaume de Champeaux àNotre-Dame descendit de sa chaire et la lui offrit®. L’irritation de l’archidiacrefut au comble; battu sur le terrain de la dialectique, il eut recours à d’autresarmes, et, appuyé sur la faveur du roi, il força Abélard à s’éloigner.
Tranquille de ce côté, il s’occupa d’organiser le prieuré de Saint-Victor; il yétablit un chapitre de chanoines réguliers, et obtint de Louis VI , en 111 3 , unecharte qui lui conférait le titre d’abbaye®. Mais, ayant été nommé, la mêmeannée, évêque de Châlons-sur-Marne ®, Gilduin, son disciple, fut le premierabbé de Saint-Victor®. Louis le Gros conserva sa protection à cette Maison, quidevint rapidement riche et florissante, ce Elle fut si féconde, dit l’abbé Le Beuf, et« il en sortit tant de rejettons, que, s’étant étendus sur la montagne voisine, ilscrformèrent ce que, dans le siècle suivant, on appella l’Université ®. n Parmi lessujets que cette célèbre école avait formés, on comptait déjà, au xn e siècle, sepicardinaux, deux archevêques, six évêques et cinquante-quatre abbés h).
Les religieux songèrent presque aussitôt à se créer une bibliothèque®. Onpeut suivre le développement de cette collection à ses débuts dans le nécrologede l’abbaye, qui est très-détaillé à cet égard, et enregistre avec soin les diffé-rentes donations dues à des religieux ou à des amis de l’établissement. Il y eulmême longtemps à Saint-Victor des copistes payés avec les fonds du couvent,et qui contribuèrent pour une large part à la renommée qu’acquit cette biblio-thèque.®.
Le nécrologe de Saint-Victor est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque impé-nale; c’est un beau volume in-folio, sur vélin, qui porte le numéro i 5 dans letonds de Saint-Victor!®; il n’existe pas d’autre guide pour l’histoire de la biblio-
(1) Histoire littéraire de la France , t. X, p. 008.
Histoire littéraire de la France , t. XII, p. 89.(3) De fundatione Sancti Victoris, etc. — GalliaHinsliana, t. VII, col. 657. — Cl. Réméré, De aca-demia Parisiensi, p. 3 p. — Cette charte a été pu-bliée en entier par Dubreul, dans son Theatre desnntiquttez de Paris , p. 3 o 8 , et dans ie Gallia chris-hana, t. VU, instrumenta, col. /16.
(i) Fleury, Histoire ecclésiastique, t. XIV, p. 176.( 1 Histoire littéraire de la France , t. X, p. 3 10.( ) Le Beuf, De l’état des sciences en France depuish mort du roi Ptobert, p. 11.
1 Chôme], Essai historique sur la médecine en
(8) Le Beuf, Histoire de la ville et du diocèse deParis , t. I er , p. 552 .
(9) rrNectantum canonicinostri autscriptores con-rrductitii bibliothecam nostram bbris auxerunt, sedtreliamvarii viri illustres in consortium nostrumad-trmissi, aut alii erga nos bene affecti, plurescodicesrrmanuscriplos variis temporibus nobis largiti sunt,«quorum benehcio excrevit et illustrata est bibho-rrlheca Victorina.» (Jean de Toulouse , Antiquilatmuregalis abbatial S. Victoris libriXII, Bibl. imp. manus-crits , fonds de Saint-Victor, n° 1 o 3 g, t. II. p. 181.)
(10) Une très-belle copie de ce document, égale-ment sur vélin et in-folio, est inscrite dans le mémofonds sous le numéro 988.
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