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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PAIUS.
sur les gabelles. Et en outre, pour l’entretien de laditte bibliothèque, a aussi légué trois censsoixante et dix livres de rente, à prendre sur le clergé de France en trois parties, désirant quele P. Eustache de Blemur, qu’il tesmoigne estre son amy, et en effect promoteur de ce bien-l’aict, prenne le soing de ceste bibliothèque tout le temps qu'il sera résidant en ceste Maison, eten prenne la direction, nonobstant les reffus humbles qu’il luy avoit faict plusieurs fois de cettegrâce.
Le corps donques dudit deffunct ayant esté inhumé le jour que dessus, le lendemain apresvesprcs furent chantez vigilles, et le lundy la grande messe. . . aux frais et dcspens pour le de-hors des heritiers dudit deffunct, lesquels les mardy, mercredy et jeudy, derniers jours duditmois, délivrèrent laditte bibliothèque et toutes les despendances, qui furent apportées dans deschariots et barnois appropriez.
Et se sont trouvez sept à huict mil volumes de tout ordre dont esloit composée laditte biblio-thèque, dont les prix seront faciles à colliger, par le soing qu’a pris ledit sieur de Bournonvillede marquer à la pluspart desdits livres la somme qu’il en a payée.
Il ni eust ni scellé ni proceds aucun faict par le deceds dudit testateur, d’autant que M r JeanJaques du Bouchet, son frere et heritier, et exequuleur testamentaire, es toit si homme d’honneurque toutes choses furent remises en sa plaine disposilion, dont il usa si honorablement que jene puis.
Laditte bibliothèque ayant esté promptement mise en quelque sorte d’ordre à estre d’abbordconsidérée de tous, nous en voulusmes faire la publication par un service 1res solennel que nousUsines pour ledit deffunct le jour de la Trinité O.
Les Pères de Saint-Victor se montrèrent reconnaissants envers leur bienfai-teur. Comme il l’avait demandé, on l’enterra dans une des chapelles de l’église®;Eustache de Blémur prononça un discours latin en son honneur ® ; Santeuilcélébra en beaux vers ses vertus et sa générosité ® ; son buste fut placé dans labibliothèque®, et l’on fit graver sur le marbre le passage de son testament quicontenait le legs de sa riche collection.
Reproduire ainsi, d’une manière ineffaçable, les conditions imposées par letestateur, c’était prouver qu’on avait l’intention de les exécuter. En effet, l’annéemême, les portes de la bibliothèque s’ouvrirent pour tous ceux qui voulurent yvenir travailler ®. Les membres du Parlement montrèrent le même respect pourles dernières volontés de leur ancien collègue. Chaque année, ils faisaient unevisite solennelle à Saint-Victor; et ce jour-là le bibliothécaire prononçait devanteux un discours latin sur l’utilité des bibliothèques publiques®.
(1) Jean de Toulouse, Mémorial de l’abbaye deSaint-Victor, t. II, p. 57 et 58.
<a) Histoire manuscrite de l’abbaye de Saint-Victor,liv. III, p. 69.
(3) Jean de Toulouse, Mémorial de l’abbaye deSaint-Victor, t. II, p. a55. — Ce discours a été pu-blié en 1654 chez le libraire Cramoisy.
11 San-Victorina gratitudo musarum lachrymise.rpressa in fi,mere ilhistrissimi viri Ilenrici Buchetii,
domini de Bournonville, nec non in suprema Gallia-rum Curia senatoris intcgerrimi, dans les Opéraomnia de Santeuil, t. Il, p. 9.
(5) Nemeitz , Le séjour de Paris, ou instructionsfidèles, etc. t. I er , p. 268.
(0) Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu roi, p. 337.
l7) B. d’Argonne, Mélanges d’histoire et de litté-rature, t. III, p. 3i 0.