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Tome deuxième.
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CAIIMES DE LA PLACE MAUBERT.

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Il ésl probable que J. Cuiville eut des imitateurs et que plusieurs donationssuccédèrent à la sienne, car, en 1722, le couvent possédait environ 10,000 vo-lumes, et avait un bibliothécaire, le frère Jacques Armand W.

Le célèbre mécanicien Jean Truchet, qui adopta, en entrant aux Carmes, lenom de P. Sébastien, avait formé dans cette Maison un cabinet qui fut longtempsune des curiosités de Paris ; il contenait un très-grand nombre de machines detoute espèce, que Truchet avait inventées et habilement exécutées lui-même (2 h LesCarmes, aussi peu amateurs de mécanique que d’érudition, vendirent successi-vement toutes les pièces qui composaient cette collection ^. L’argent quelles pro-duisirent ne fut, du reste, nullement employé en œuvres pies. Ces religieuxavaient une autre manière de le dépenser. O11 sait que leur nom était devenu unreproche d’incontinence; et, la foudre étant un jour tombée sur leur église, leP. André dit publiquement : et Dieu a fait une grande miséricorde à ces bons" Pères de ne sacrifier à sa justice que le clocher, car, si le tonnerre s’étoit abattu"sur leur cuisine, ils étoient tous en danger d’v périr ( 4 bn

Au moment de la Révolution, la bibliothèque des Carmes occupait une salleassez élégante, et entourée de vingt-cinq armoires remplies délivrés^. Presquetous les écrivains de l’époque disent que les Carmes avaient alors environ12,000 volumes^; cependant le prieur, dans YEtat officiel qu’il dut fournir à lamunicipalité, se contenta de déclarer 1 ,834 volumes (7 h Il ajoutait que le couventn’avait plus de manuscrits, ce qui était encore un mensonge, car 18 manuscrits ducouvent sont entrés à la bibliothèque nationale^, et les autres bibliothèques de Paris en ont également reçu. Les religieux s’efforcèrent, par un moyen du même genre,de conserver une collection à laquelle ils paraissaient auparavant tenir si peu. Le16 avril 1791, le commissaire de police de la section Sainte-Geneviève fut avertiqu’un vol avait été commis dans la bibliothèque du couvent des Carmes; il s’yrendit aussitôt et constata «que le cadenas qui étoit à la porte avoit élé arraché"avec son piton ; » on ne s’était pas arrêté là, la moitié des armoires avaient étéouvertes, et un grand nombre de volumes manquaient. Quels étaient les auteursde ce vol? Le commissaire, dans son procès-verbal, n’en accuse point les reli-gieux : et A la réquisition dudit sieur Housez^, et pour la propre satisfaction des"citoyens qui demeurent en ladite Maison, avons visité les chambres par eux

(1) G. Wallin, Lutetia Parisiorum crudita sni lem-poris, p. 120.

m G. Brice, Nouvelle description de Paris , t. H,

p. 46 i.

Piganioldela Force, Description historique deParis , t. V, p. 1 63 .

111 Menngiana, t. I, p. 196.

Catalogue des livres de notre bibliothèque. Ar-chives de l'Empire, se'rie S, carton il 0 dqdh.

<“) Tbiéry, Guide des amateurs et des étrangersvoyageurs à Paris , t. II, p. 290. — Guéroult, Dic-tionnaire de la France monarchique, p. 82.

Etat des revenus, renies, fondations du couventci collège royal des grands Carmes, place Maubert.Archives de J’Empire, série S, carton n° 3 7 3 A.

( ' 8 ' Voyez, h la Bibliothèque impériale, le cata-logue spécial qui en a été dressé.m C’était le procureur du couvent.