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Tome deuxième.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .

« relier un livre où la Bible en françois esloit contenue, et le couvrir tout de neul,« et mettre quatre fermoirs neux; 11 et pour 3 sols 6 deniers, le 12 mars, et Jacquestrie relieur de livres, pour relier un des bréviaires de la chapelle, mettre unestrais toutes neuves, et le couvrir d’une pel vermeille, le broder et blanchir; 11puis ttpour avoir mis quatre clés de laiton et les petits clous à les estachiers àttun roman de Guilon (1 ). » L’année suivante, tr afin que Philippe, son quart fils,te duc de Bourgoigne, évitast le péchié d’oiseuse, 11 Jean commande à son premierchapelain Gaces de la Buigne un poëme sur la chasse. A Londres , au moment derentrer en France après la paix de Brétigny, il achète un manuscrit de Garin leLoherain ttpour un noble ou 6 sols 8 deniers, t> et le Tournoiement de l’Antéchrist pour 10 sols.

Jean 11e possédait cependant, au moment de sa mort, qu’une douzaine devolumes: deux Bibles latines, remarquables par l’élégance de l’écriture, le finides vignettes et la beauté du vélin, des fragments de la version française de laBible commencée par Jean de Sy; la Moralité des nobles hommes sur le jeu deséchecs et le Miroir hislorial de Vincent de Beauvais , traductions qui furent présen-tées au roi par Jean de Vignay , religieux de Saint-Jacques du Haut-Pas ( 1 2 3 ) ; undialogue latin composé par Guillaume de Couches, et où Henri II, duc de Nor-mandie , figure comme interlocuteur; un très-riche bréviaire; un extrait des Chro-niques de Nangis et de Guillaume de Tyr ; le roman du Sainl-Graal; la traductionde Tite-Live faite, sur l’ordre du roi, parle bénédictin Pierre Bercheure ( 4 ); unmissel; enfin Garin le Loherain, le Roman du Renard et le Tournoiement de l’Antéchrist,tous trois achetés par le roi en Angleterre.

Cette petite bibliothèque ne pouvait que s’augmenter entre les mains deCharles V , qui montrait un vif amour pour l’étude et les dispositions les plusbienveillantes en faveur des lettres^. Robert Gaguin , et après lui le P. Jacob et

(1) Henri d’Orléans (duc d’Aumale), Notes et do-cuments relatifs h Jean, roi de France , et à sa cap-tivité en Angleterre, p. 97 et 109.

< 2 > rrA très noble et excellent prince, Jeban detr France, duc de Normandie , et aisné (ils de Phi-(t lippe, par la grâce de Dieu roy de France, jerrJehan de Vignay, vostre petit religieux entre lesrraultres de voustre seigneurie, paix, santé et joye,«et victoire sur vos ennemis. Très cher et redoubtétr seigneur, pour ce que j’ay entendu et sçay queet vous véez et ouez volentiers choses proufitablesfret honnestes, et qui tendent à l’information derr bonnes meurs, ay je mis un petit livret de latin entrfrançoys, lequel m’est venu à la main nouvelle-rrment... * (Les Echecs moralises, prologue.)

(3) et C’est le rommans de Titus Livius , et premiè-

re renient s’ensuit le prologue du translateur. Arr prince de très souveraine excellence, Jeban, royrrde France par grâce divine, frère Pierre Berceure,«son petit serviteur, prestre à présent de Saint-Eloyrrde Paris , toute humble révérence et subjection.»

(4) Pierre Berceure ou Berchoire, et plus exacte-ment Bersuire, du nom de Bressuire , sa ville na tale.

(s) trDès le temps que vous eustes premièrementttcognoissance, vous avez tousjours aymé science, ettrhonnoré les bons clercs, et estudié continuelle-rrment en divers livres et sciences, se vous n’aveztreu aultre occupacion. El avez fait faire et trans-rtlaler plusieurs livres, tant pour plaire à vous,tr comme pour prouffiter h vos subgectz. n (Raoul dePresles , Traduction de la Cité de Dieu, prologue dutranslateur.)