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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Un extrait des Mémoriaux de la chambre des comptes, qui nous a été conservépar J. DubreulW, nous apprend que, le 12 mai 1&12, Charles VI remplaçades Essars par Garnier de Saint-Yon; celui-ci est qualifié de acommissus ad« custodiam librariæ Regis in Lupara, et aliorum etiam librorum , quocumque loco«fuerint, •» ce qui prouve bien que le roi possédait encore des livres ailleurs qu’auLouvre^.
Moins d’un an après, Jean Maulin, clerc du roi, succéda à Garnier de Saint-Yon,destitué, comme son prédécesseur, pour avoir pris parti contre la maison d’Or-léans (3) . On dut dresser un autre inventaire qui, cette fois, ne fut pas inscrit àla suite de celui de Gilles Malet; il forme un petit in-folio, écrit sur vélin enlettres de note et à longues lignes W. Il commence ainsi :
«Inventaire des livres du roy Charles nostre sire qui à présent est, estans en«sa librarie du Louvre. C’est assavoir en une tour, en trois chambres l’une sur«l’autre. Commencié le mercredy xvnj e jour d’octobre l’an mil cccc et xiij par«maistres Thomas Daunoy el Jehan Delacroix, conseilliers et maistres des comptes«d’icellui seigneur, et Jehan Le Bègue, notaire et secrétaire dudit seigneur, et«greffier en la chambre desdiz comptes, à ce commiz par les gens des comptes«d’icellui seigueur; en la présence de Guillaume des Molins, frère de la femme«Garnier de Saint Yon, qui derrenièrement en avoit la garde, et de maistre Jehan«Maulin, clerc d’icellui seigneur en laditte chambre des comptes, auquel Maulin«ledit seigneur en avoit de nouvel baillé la garde. Toutesvoyes n’y fu mie ledit«Guillaume présent tout au long, ainçois quant esté y ot par aucuns jours se« excusa de plus y venir, disant qu’il se attendoit à ce que fait en seroit par lesdiz«commiz, et semblablement lesdiz maistres Thomas et Delacroix, pour autres«charges et occupacions qu’ilz orent es affaires du Roy et autrement, n’y porent« mie longuement vaquer. Si fu ledit inventoire achevé par ledit Bègue, présent«ledit Maulin, et y furent trouvez les livres qui ensuivent .d
Jehan Maulin écrivit à la fin la déclaration suivante :
«Je Jehan Maulin, clerc du Roy nostre sire en sa chambre des comptes à Paris ,«et garde de sa librarie estant au Louvre, congnois et confesse avoir eu et receu
(1) «Garuerius S. Yon, scabinus villa; Pari-«siensis, commissus ad cuslodiam librariæ Regis in«Lupara, et aliorum etiam librorum, quocumque«loco fuerint, loco Antonij de Essarlis, causis certis«ad hoc ipsum regem moventibus exonerati, per«eius literas datas octavo maij 1 k 1 2 , sic signatas :«Par le Roy, presens messire Philippe de Poictiers,«messire Girard de Graneual, et autres. Calot. Duo-«decimoque iriensis eiusdem præstitit solitum iura-«mentum.* (Dubreul, Theatre des antiquités de Paris ,p. 781.)
11 Voyez d’ailleurs Van Praet, Inventaire des
joyaulx, reliques et autres choses estant en l’Estudedu Roy, en la tour du boys de Vincennes , empre luhaulte chamh'e, en la presence de monss. de la Ri-vière, Giles Malet et Henncquin Duvivier, orfevre etvariez de chambre du Roy. Fait le xj‘ jour davrilccc mj XI .
Pi Pierre des Essars, frère d’Antoine, fut con-damné à mort et exécuté le 1" juillet t/n 3 .
(i) Bibliothèque impériale, manuscrits; autrefoisSupplément français , n° 178 32 , aujourd’hui Fonds
français , n° q/i3o. Nous donnons, page îaü), lefac-similé du premier feuillet.