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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
suivante, le duc d’Orléans ayant appris que les Anglais préparaient une expédi-tion sur les bords de la Loire , craignit que sa collection de livres et d’objets d’artne tombât au pouvoir de l’ennemi; il les fit transporter d’abord à Saumur , puisà la Piocbelle, où on les installa dans l’hôtel de Jean de Rochechouart, sire deMortemart .
Charles d’Orléans et son frère Jean , comte d’Angoulême, retenus captifs pen-dant vingt-cinq ans, cherchèrent dans les lettres une consolation aux peines del’exil. Tous deux, instruits pour leur époque, s’efforcèrent de racheter quelques-uns des manuscrits que le duc de Bedford avait enlevés de la tour du Louvre;et, quands ils revinrent en France (1AA0), ils rapportèrent une soixantaine devolumes que Charles d’Orléans expédia à Blois , où les livres de son père avaientété replacés en 1 A 36 . On conserve à la Bibliothèque impériale quelques manus-crits provenant de la bibliothèque de Charles V , et qui, après avoir été emportésà Londres par Bedford, y furent rachetés soit par Charles d’Orléans , soit parJean d’Angoulême, et revinrent avec eux en France . Le plus curieux peut-être deces précieux monuments de notre histoire littéraire est le Rational des divins offices,exécuté en 137 h pour Charles V (l) . Il porte Y ex libris et la signature de ce prince (2) ,et on lit en outre sur la couverture ces mots :
Uiu <â|V tv cùyçtc Ct CLefictA.
Louis XII, fils de Charles d’Orléans, avait conservé pour Blois , sa ville natale,une prédilection très-marquée; il y transporta tous les ouvrages que renfermaitencore la Tour du Louvre (3) , les réunit à la bibliothèque de son père, et plaçacelle-ci sous la direction de François du Refuge, son aumônier. Pendant sonéphémère conquête du Milanais, il trouva le temps d’envoyer à Blois (1Z199) labelle bibliothèque que les Visconti et les Sforze avaient formée à Pavie , et qui necomptait pas moins de mille manuscrits grecs, latins, italiens et français (4) . Sacampagne contre les Etats vénitiens lui permit de s’emparer d’une partie de laprécieuse collection qui avait fait les délices de Pétrarque ; l’infatigable éruditl’avait rassemblée avec des peines extrêmes; il la traînait avec lui dans tous sesvoyages, et avait fini par la donner, en 1 36 a , à la république de Venise. Louis XII enrichit encore sa bibliothèque d’une collection appartenant à Louis de Bruges,