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Tome deuxième.
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BIBLIOTHEQUE DU ROI.

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La collection, dont Christine de Suède avait offert cent mille écus, renfermaitalors mille neuf cent vingt-trois manuscrits modernes, crdes tableaux originaux,et et crayons aussy des plus excellens peintres d’Italie et de France , antiens et«modernes, et des statües et bustes de marbre et de bronze antiques9).Cettedonation fut acceptée par lettres patentes du 21 décembre i663^; les ouvrages

Que le sieur comte de Béthune Dans son cabinet de ParisAvoit d'excellents manuscrits,

Comme aussi pluzieurs antiquailles,

Sçavoir : quantité de médailles,

Reliefs, portraits, crayons, tableaux,

Des plus rares et des plus beaux,

A fait proposer audit comteUne somme d’or qui se monte,

Tant en justes qu’en quart-d’écus,

Justement à cent mille écus,

S’il vouloit vendre sa boutiqueA cette reine magnifique.

Hippolyfe de Béthune , qui avait hérité des goûtsde son père, refusa son offre et travailla à aug-menter sa précieuse collection. 11 ne se borna pasà rassembler les manuscrits relatifs à la politiqueet à l’histoire ; il forma une bibliothèque complète,où étaient richement représentées la théologie, lajurisprudence, la philosophie, les sciences et lesbelles-lettres. Michel de Marolles , qui s’était in-téressé à la formation de ce cabinet, s’exprimeainsi dans ses mauvais vers sur les bibliothèquesde Paris :

Les recueils à ia main du comte de Béthune Où je pourrais encore prendre queiqu’intérèt,

Pour l’avoir augmentée en maniéré de prêt,

Dont la commodité seconda sa fortune.

On peut consulter sur l’histoire de cette biblio-thèque : Michel de Marolles, Paris ou descriptionsuccincte et néanlmoins assez ample de cette grandeville; — Loret, LaMuze historique, n° du 10 marsi 652 ; —J.-F. Jugler, Bibliolhecahistoriœ litteraricoselecla, 1. 1 , p. 21/1; — Leprince, Essai historiquesur la bibliothèque du Roi, p. 161 ; — Moréri , Granddictionnaire historique, article Béthune; — Mich.de Marolles, Mémoires, t.III, p. 289;— Cataloguedes lettres originales contenues dans les manuscrits deBéthune , 2 vol. in-folio, Bibliothèque impériale,manuscrits (ancien fonds des catalogues).

(1) Lettres patentes du 21 décembre 1 663 . Bi-bliothèque impériale, manuscrits, fonds des 5 00Colbert, n° 54 , feuillets 322 et 323 .

(2) « Louis, par la grâce de Dieu roy de France«et de Navarre, à tous présens et à venir, salut.

«La mémoire des recommandables services qu’a«rendus à la France , sous les règnes des roy s«Henry 3 , Henry 4 surnommé le Grand, et Louis 1 3« nostre très honoré seigneur et père, le feu s r com te«de Béthune de Néelles et de Charost, chevalier«de nos Ordres , gouverneur de la personne de«notre très cher et très amé oncle le duc d’Orléans,«second fils du roy Henry le Grand, premier gen-re tilhomme de sa chambre, et surintendant de saremaison, et lieutenant de sa compagnie des gens«d’armes, lieutenant du roy en Bretagne , chef du«conseil des despesches estrangères, et plus antien«conseiller d’Estat, l’ayant esté 56 ans; lesquels«services ont signalé son zèle, sa prudence et sa«capacité, tant par ses diverses ambassades ordi-«naires et extraordinaires à Rome, Venise et Sa-« voye, en Alemagne, Angleterre et Escosse, et autres«lires grands emplois dont il a esté honoré, notam-«rnent celuy qu’il eut dans le royaume, d’une si«particulière confiance, par l’envov vers la reine«Marie de Médicis nostre grand mère, s’estant re-« tirée de Blois à Angoulesme en l’année 1619, les-« quels l’ont occupé presque toute sa vie, ne nous«doit pas moins estre agréable que ses laborieux et«utiles soings, que marque le recüeil de très grand«nombre de manuscrits originaux qu’il a laissez,«montant à 2000 volumes et plus, et que nostre«amé et féal chevalier de nos ordres et chevalier«d’honneur de la reine nostre très chère espouse et« compagne, le sieur comte de Béthune son fils aisné,«nous a supplié vouloir accepter. Gomme c’est une«recherche et un travail de 70 années, bien avancé«par le père, amplifié et achevé par le fils, et que«la dignité et la rareté des matières dont il est«remply a donné subject aux princes estrangers«de luy en faire proposer le transport hors le«royaume, avec des avantages qu’un autre moins«zélé et fidèle que luy eust peu n’en estre pas seu-«lement tenté, mais les eust volontiers acceptez, il«a ereu aussy qu’un ouvrage de cette nature et de«cette importance devoit estre conservé en son en-«tier, et que, pour empescher qu’après sa mort il«ne fust divisé par ses héritiers en autant de por-« lions qu’il y aura de testes au partage desdits