174 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
l’Italie, la Grèce , l’Égyple et la Perse; tout l’Orient fut exploré par MM. de Mon-ceaux, Wansleben, Petis delà Croix, Ant. Galland, de Nointel et P. Lucas. Onachetait en même temps les collections réunies par l’abbé Séguin, doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois; par MM. Tardieu, lieutenant de police; Lauthier, acquéreurde celles de Peiresc, de Sère, conseiller d’Etat, le comte de Brienne, Charron,auditeur à la cour des comptes, et de Trouenne, intendant du duc d’Épernon .Après la mort de Colbert , Louvois fit transporter ( 168 4 ) le cabinet des mé-dailles à Versailles w «près de l’appartement de Sa Majesté, qui prenoit plaisir à yavenir presque chaque jour au sortir de la messe 1 (2) . n Après avoir reçu, dans l’es- .pace de soixante et dix ans, des accroissements considérables, ce cabinet fut, en17Ai, replacé à la bibliothèque du Roi, où on lui avait ménagé un grand salonfaisant suite à la galerie qui longe la rue Richelieu ( 3 b
Le cabinet des estampes n’a pas d’histoire, unlegs de Gaston d’Orléans (1667)en composa le premier fonds, qui s’augmenta bientôt de l’admirable collectionrassemblée par Michel de Marolles (4) et de nombreuses gravures exécutées parl’ordre de Louis XIV ( 5 b II s’enrichit ensuite successivement par des achats, et desdonations émanant de MM. de Gaignères, Clément, de Beringhem, maréchald’Uxelles, Fevret de Font.ette, Bégon, comte de Caylus, etc.
Revenons maintenant à Colbert et aux trésors qu’il continuait d’accumuler rueVivienne.
Dans le Luxembourg, alors palais d’Orléans, Gaston frère de Louis XIII , avaitréuni une bibliothèque dont les contemporains se sont plu à célébrer les mer-veilles. Elle était installée dans le grand pavillon de droite^, à l’extrémité de lalongue galerie où Rubens avait peint la vie de Marie de Médicis . Les boiseries,d’une extrême délicatesse de travail, étaient ornées de riches peintures, et chaquetablette, bordée de crépines d’or, était entièrement garnie de velours W. Enfin lesvolumes, reliés presque tous par Le Gascon^, étaient couverts, d’une manière
(1) Maichelius, Introductio ad historiam lilera-riam de prœcipuis bibliothecis, p. 48 . — G. Brice,Nouvelle description de Paris , t. I, p. 34 g.
(s > Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu Boi, p. 275.
(3) Marion Dumersan, Histoire du cabinet des mé-dailles, p. i 58 .
<4) On lit dans la préface du catalogue qu’il pu-blia en 16Ô6 : ir... de toutes lesquelles choses,ffj’ay recueilly cent vingt trois mille quatre cents» pièces de plus de six mille maistres, en quatre« cents grands volumes, sans parler des petits qui" s °nt au nombre de plus de six vingts, ce qui nenseroitpas indigne d’une bibliothèque royale, oùirrien ne se doit négliger. » (Voyez encore Michel deMarelles, Mémoires, t I",p, 1 53 , 198, 288,289.)
(5) G. Duplessis, Le cabinet du Boi, collectiond’estampes commandées par Louis XIV , dans le Bi-bliophile français, numéro du i"juin 1860, t. III,p. 87.
(6> J. Duchesne, Description des estampes ex-posées dans une galerie du palais Mazarin, etc.avertissement, p. vi, vm et ix. — G. Duplessis,Le département des estampes h la Bibliothèque impé-riale, passim.
(,) Il porte encore le nom de Pavillon de la Bi-bliothèque, sur le plan du Luxembourg publié parJ. Mariette.
<8) L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. 4 77 .
(9) Éd. Fournier, Histoire de la reliure en France,p. i 4 o.