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Tome deuxième.
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178 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .

mille volumes: ce Je vous envoie, écrivait M. de Thou, l’extrait du catalogue qu’il

de ses dernières volontés à leur égard suffiraitpour nous prouver tout l’amour qu’il leur portait :il confie provisoirement sa bibliothèque à P. Dupuy,qui la remettra plus tard aux fils de de Thou, l’in-térêt de la famille comme celui des lettres exigeantqu’elle ne soit ni dispersée ni vendue : «■ Biblio—trthecam meam, xr. amplius annorum spatio,«magna diligentia ac sumptu congestam, quam«integram conservari, nonsolum familiæmeæ, sed«etiam rei litterariæ interest, dividi, vendi ac dis-«sipari veto; eamque communem, cum numisma-«libus antiquis aureis, argenteis et æreis, inter«filios, qui litteris operam manabunt, facio, ilacrut etiam exteris aliisque philologis ad usum pu-ce blicuni pateat. Ejus custodiam Petro Puteano,cccognato meo, et mullis nominibus mihi caro, do-ernec filii adolescant, committo, qui et libres manu-rescriptos iis qui opus habebunt utendos dare pote-ccrit, modo de illis restituendis idonee caveatur. nLes volontés de de Thou furent ponctuellement exé-cutées; sa bibliothèque passa à ses descendants, etP. Dupuy continua à en avoir la direction, tandisque son frère s’occupait d'en dresser le catalogue.Elle fut bientôt célèbre par toute l’Europe. Peu detemps avant la mort de François-Auguste de Thou ,fils aîné du célèbre premier président, et qui fut dé-capité à Lyon en 16 à 2 , son beau-frère M. Picardet,procureur général au parlement de Dijon , avaitlaissé une certaine quantité de bons livres qui, parles soins de Dupuy, vinrent encore augmenter labibliothèque de la rue Saint-André-des-Arts. EnfinP. Dupuy mourut en 1 65 1, et légua tous ses ma-nuscrits à la riche collection qu’il avait tant contri-bué à former; dans lë nombre se trouvaient toutesles pièces originales du célèbre recueil connu sousle nom de Recueil de Lomàiie.

L’amour des livres fut longtemps héréditaire dansla famille de Thou. En 16/19, le Parlement,décidé à ne plus garder aucune mesure contre Ma-zarin, ordonna la vente de ses biens et de sa richebibliothèque, du sein même de la cour de justiceirritée, une voix s’éleva pour défendre cette pré-cieuse collection; de Thou rappela qu’elle «estoit«desja destinée au public, que par conséquent il«• estoit d’avis de la conserver. . . et que ce seraitnun dommage irréparable pour les lettres de lacr dissiper ou diviser, n On sait que ces sages parolesne parvinrent à calmer que momentanément la co-lère des Frondeurs, et que la magnifique collec-

tion de Mazarin finit par être vendue aux enchères.

En 1679, la bibliothèque de de Thou fut mise envente par l’abbé de Thou, qui n’avait guère trouvéque des dettes dans la succession de son père; ilavait fallu deux ans à Ismaël Boulliau et à JosephQuesnel pour dresser le catalogue de ce précieuxcabinet. Le président de Ménars en donna trentemille livres ; et la célèbre Bibliotheca Thuana, quirenfermait alors mille manuscrits, tous rares, etplus de neuf mille volumes imprimés, quitta le vieilhôtel de Thou, et, sous le nom de Bibliotheca Me-narsiana que lui donne Sanleuil, fut installée chezM. de Ménars, dont l’hôtel touchait à celui de Col-bert . Elle n’y retrouva pas l’affection et les soins quelui avaient si longtemps prodigués le vieux présidentde Thou et son ami P. Dupuy. Son nouveau pro-priétaire s’occupa peu de l’augmenter, et, en 1706,il la vendit pour 36 , 3 oo livres au cardinal deRohan Soubise, évêque de Strasbourg .

Celui-ci possédait déjà un commencement debibliothèque; il habitait rue du Chaume l’admi-rable hôtel qui porte encore son nom, et la collec-tion qu’il venait d’acquérir fut placée dans les appar-tements du rez-de-chaussée. Le cardinal en avaitcompris toute la valeur : il choisit pour bibliothé-caire l’abbé d’Oliva, Italien d’une grande érudition,qui rendit à la bibliothèque de de Thou une partiede l’éclat dont elle avait joui sous son premier maître ;elle devint de nouveau un centre intellectuel, oùles savants de toutes les nations étaient sûrs detrouver toujours un affectueux accueil. L’abbé d’Olivas’occupa surtout de compléter cette riche collectionque la négligence de M. de Ménars avait renduedéjà un peu arriérée; il mit au courant les ouvragespériodiques, et fit venir de l'étranger toutes lesproductions de quelque valeur et des manuscritstrès-précieux. Trente-six années de soins augmen-tèrent à tel point cette bibliothèque, quelle finitpar renfermer plus de quinze mille volumes im-primés , dont l’abbé d’Oliva dressa le catalogue envingt-cinq volumes in-folio. La collection de l’hôtelSoubise, alors «la mieux choisie qu’on put voir,71passa, après la mort du cardinal, à son héritier, lemaréchal prince de Soubise, que la déroute de Ros-bach a rendu si tristement célèbre. Par une assezétrange coïncidence, ce maréchal choisit pour bi-bliothécaire C.-F. Dupuis, le savant auteur de 1 Ori-gine des cultes.

Après la faillite Guémenée, les descendants de