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Tome deuxième.
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BIBLIOTHÈQUE DU ROI.

de Lambert W. Au mois de mars 1698, le duc de Nevers lui avait cédé l’extrémitéde la galerie qui s’avance vers la rue Colbert; elle y avait dépensé des sommesimportantes, avait même fait élever à ses frais le corps de logis encore existantrue Colbert, n° 12. Ses droits furent reconnus, et l’on dut, pour agir, attendre lamort de la marquise, qui arriva en 17B 3 .

Les acquisitions, un instant suspendues, reprirent avec d’autant plus d’ardeurque le nouveau local offrait toute facilité pour le classement d’un nombre im-mense de volumes. On y apporta d’abord les deux vastes globes de Coronelli ,offerts à Louis XIV par le cardinal d’Estrées 1 2 (3) , et qui étaient restés jusque-làà Marly M. On vit arriver ensuite tous les livres du cabinet du Louvre qui venaitd’être réuni à la bibliothèque du Roit 5 ) (1722); la collection particulière deDacier, laissée à Louis XV par testament; les cent vingt-neuf gravures des ta-bleaux de Van der Meulen, retraçant le règne de Louis XIV (172 h); un recueilde soixante mille pièces diverses imprimées et manuscrites, données par Morelde Thoisy, ce trésorier payeur des gages de la cour des monnoyes ^ ; ■» la bibliothèquemusicale léguée au roi par Sébastien de Brossard ; un nombre considérable devolumes expédiés de Madrid, de Lisbonne, d’Amsterdam, de Venise, de Londres ,de la Haye, de Saint-Pétersbourg, ou achetés aux foires de Francfort et deLeipsick; enfin plusieurs ouvrages liturgiques donnés par le P. Lebrun, de l’Ora-toire (1727). Les abbés Sevin et de Fourmont furent envoyés à Constantinople pour copier le catalogue de la bibliothèque du Sultan (1728); ils rapportèrenten outre plus de six cents manuscrits. Le directeur de la Compagnie des Indesfut invité à mettre à profit ses relations avec l’Orient pour procurer au roi des

(1) Anne-Thérèse de Margucnat de Courcelles,fille d’Etienne Marguenat, seigneur de Courcelles,mort maître des comptes en i 65 o.

(2) Archives de l’Empire, série Q, carton n° 11 58 .— Frédéric Lock, dans le Bulletin du Bouquiniste,année 1 865 , p. 38 i.

Nous reproduisons ci-contre, d’après YArchitec-turefrançaise, de Blondel (t. III, p. 80), le plandes bâtiments qui composaient la bibliothèque duRoi en 1754. Les lettres de renvoi sont ainsi expli-quées :

A, pieds-droits désignant le commencement d’unmur de séparation entre les deux parties de la cour.

B, escalier conduisant au premier.

C, escalier conduisant au premier.

D, salles renfermant les presses, les papiersd’impression, les doubles des épreuves, etc.

G, alelier occupé par M. Pierre, peintre du roi.

H, atelier occupé par M. Restout, peintre du roi.

I, bureaux, salles de rédaction des catalogues.

K, chapelle. On y dit la messe les dimanches etfêtes seulement.

M, salle des globes.

N, escalier conduisant au cabinet des médailles.

R, escalier,

T, cour autour de laquelle se trouve le logementde M, Bignon,

(3) Voyez le tome I, p. 11 à,

Voyez Ph. de la Hire, Description et explica-tion des globes qui sont placés dans le pavillon duchâteau de Marly, Paris , 170/1, in-8“. — La sallequ’ils occupent aujourd’hui à la Bibliothèque im-périale fut construite pour eux en 1781.

(5) J.-F. Jugler, Bibliotheca historiœ liiterariœ se-lecta, t. I, p. 317. — E.-J.-B. Rathery, Noticehistorique sur l’ancien cabinet du Roi, p. 10.

(G) Les pièces relatives à la jurisprudence forment385 volumes, la théologie en remplit 172, l’his-toire 86, et les belles-lettres iâ.—Leprince, Essaihistorique sur la bibliothèque du Roi, p. 222.