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Tome deuxième.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .

Ils cherchèrent vainement à s’en faire rendre le prix après leur rappel. Henri IV resta sourd aux doléances qu’ils exprimaient sur la perte de «ce grand thrésor«•donné par feu Monsieur le Cardinal Charles de Bourbon , fondateur d’icelletf maison (1) .n En revanche, Louis XIII leur accorda un emplacement assez vastesur lequel ils élevèrent l’église Saint-Paul actuelle, où l’on voit encore le tombeaudu cardinal de Bourbon.

Tranquilles désormais sur leur avenir, les Jésuites revinrent à l’idée d’établirune bibliothèque dans leur Maison professe. Ils firent décorer avec luxe une vastegalerie dont le plafond fut peint à fresque par GherardinU 2 3 b Us acquirent ensuiteun certain nombre de volumes sur les fonds de la Société. Durey de Noinville pré-tend qu’un legs du philologue François Guyet vint augmenter leur collection^;c’est une erreur. La bibliothèque de Fr. Guyet avait été achetée par Gilles Mé-nage < 4) * * , et celui-ci, en 1692, la légua confondue avec la sienne à la Maison pro-fesse^, en considération des soins qu’avait eus pour lui le père Ayrault, pendant sadernière maladie

Trois ans auparavant, le célèbre Daniel Huet avait été nommé évêque d’Avran-ches. Il était déjà membre de l’Académie française et auteur de plusieurs ou-vrages estimés. De puissants intérêts et de nombreuses relations l’appelaient doncsouvent à Paris, et les Jésuites de la Maison professe lui offrirent vers cette époqueun petit logement dans leur couvent (7) 8 . Huet hésita d’abord : il tenait à habiterune chambre exposée au nord^, et la Maison professe en avait fort peu; lesJésuites parvinrent cependant à le satisfaire sur ce point. Pour leur témoigner sagratitude, il leur abandonna d’avance sa bibliothèque (9) , composée de huit mille

(1) Tres-humble remonstrance et requeste des reli-gieux de la compagnie de Iesus au tres-chrestien royde France Henri IV , p. 99.

<2) Piganiol de la Force , Description historique deParis , t. V, p. 23 .

(3) Durey de Noinville, Dissertation sur les biblio-thèques, p. 5 1.

D. Huet, Commentarius de rebus ad eum per-tineniibus, lib. VI, p. 3 <j 8 .

<5) Jugler, Bibliolheca historiœ litterariœ selecla,t. I, p. as A.

(G) S. de Valhebert, L’agenda du voyageur d Pa-ris , p. 75.

Niceron , Mémoires pour servir d l’histoire deshommes illustres de la république des lettres, t. I,p. 57.

(8) Hueliana, p. 65 .

w Le savant D. Huet, qui resta longtemps au-près de Bossuet comme sous-précepleur du Dau-phin, eut, dès son enfance, une véritable passion

pour les livres, et le hasard le mit à même de lasatisfaire de bonne heure. Il entrait dans sa sep-tième année quand il reçut le premier fonds desa bibliothèque. Resté orphelin très-jeune, il avaitété recueilli par une de ses tantes, épouse du ma-thématicien Gilles Macé. Après la mort de celui-ci,son fils Daniel, devenu tuteur du jeune homme,lui donna tous les ouvrages de mathématiques quise trouvaient parmi les volumes dont il venait d’hé-riter, crlibros neque paucos, neque spernendos, »écrivait plus tard Huet.

A vingt ans, bien que sa fortune fût plus quemédiocre, il résolut de se former une bibliothèque ,et se mit à l’œuvre avec autant d’ardeur que d’inex-périence. Naudé, son ami, l’aida de ses conseils,parfois même de sa bourse, cret amice submonuit«ut caveret a calliditate bibliopolarum.» (VoyezDaniel Huet , Commentarius de rebus ad eum perti-nentibus, lib. I, p. 10, 11 et 68; lib. III, p. 196,et lib. IV, p. 222.)