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Il neutre pas dans notre plan d’examiner quelles étaient les connaissances lit-téraires de Mazarin . Un de ses historiens nous assure « qu’il avoit de l’érudition vet qu’il comprenait sans difficulté les poètes latins, a dont il récitoit souvent descf trois à quatre cents vers de suite il écrivait même le français assez purementpour envoyer des articles à la Gazette de Renaudot^. Mais l’homme qui se voyaitaccusé en même temps de prodigalité^ et d’avarice pouvait avec tranquillités’entendre reprocher que, «estant un pur ignorant, il n’a point ramassé ces livres«pour lui, mais par vanité pure et simple, pour quelques personnes qui les vou-er droient lire^.u Enfin il avait bien le droit de sourire devant des injures commecelle-ci : «Pour excuser ton ignorance, tu as dressé en ton palais la plus superbe«et somptueuse bibliothèque de la France Auberoche a défendu Mazarin parun seul vers :
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Et tantos libros quis nisi dodus amet® ?
et, ne fût-ce que par vanité personnelle, tous les bibliophiles l’en remercieront.
Aucun historien pourtant n’a eu la pensée de nier l’enthousiasme du cardinalpour les arts, ni sa passion pour les livres. Nous savons qu’il voulait examiner, àmesure qu’on les lui achetait, tous les ouvrages destinés à sa bibliothèque. Naudé,avant de les classer, les rangeait sur un bureau placé au milieu de la grande ga-lerie: Mazarin , qui la traversait tous les jours pour se rendre à la chapelle, pou-vait ainsi feuilleter chaque volume, parcourir «le titre et les principaux cha-« pitres, d et admirer la reliure h). M. Rathery a retrouvé dernièrement un documentqui doit avoir sa place ici; c’est l’original d’une lettre datée du 28 décembrei6û5, et adressée par Mazarin à un intendant du Poitou; il lui écrivait :
«Si la Rible manuscrite que vous me mandez avoir appris qu’il y a vers Fon-ce tenay vous semble telle, en la voyant, qu’elle mérite que l’on en fasse cas, vous« me ferez plaisir d’avancer pour moy ce quelle coustera, et de me l’envoyer en-« suite avec le Flos mundi. Je verray volontiers l’un et l’autre dans ma bibliothèque,«pour estre venus de vostre part, autant que pour leur propre valeur
Mazarin d’ailleurs n’eût pas manqué de bonnes raisons, s’il eût voulu répondreà ceux qui l’accusaient d’avoir rassemblé quarante-cinq mille volumes
Dont il ne leut iamais aucun,
Si ce n’est dedans l’inventaireQue sans doute il en a fait faire ( D >.