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COLLEGE MAZARIN.
A la séance suivante, le sieur Villedo, « intendant des œuvres de maçonnerie« du roy , v soumit à l’approbation des exécuteurs testamentaires un nouveau projettendant à placer la fondation de Mazarin , soit dans les batiments du collège duCardinal-Lemoine®, soit au jardin des Plantes . Le premier point fut aussitôt re-jeté, a par la raison qu’il ne faut pas esteindre une fondation pour en establir unerc autre, t) mais le second parut fort acceptable. Le jardin des Plantes était de créa-tion toute récente : Richelieu en avait eu la première pensée®, Mazarin avaitbeaucoup contribué à l’agrandir, et il offrait alors une étendue de vingt arpents.Fouquet se chargea de demander l’agrément du roi, et Louis XIV arrêta que lejardin des Plantes serait transporté au bois de Vincennes®.
Le débat semblait donc vidé, quand deux adversaires survinrent. C’était d’abordVallot, premier médecin du roi®; il obtint que le jardin des Plantes ne serait pasdéplacé. C’était ensuite le recteur de l’Université; celui-ci déclara qu’il ne souffri-rait point que le collège fût construit en dehors des limites de l’Université.
Les exécuteurs testamentaires durent s’incliner. L’opposition de Vallot n’étaitpas décisive, car on aurait pu agir encore sur l’esprit de Louis XIV ; mais le rec-teur s’était exprimé très-énergiquement, et il était tout à fait dans son droit.
L’Université ou le «Pais latin, n comme l’appelait déjà Balzac®, formait une desdivisions officielles de la capitale. Jusqu’à la Révolution, elle est, sur les actespublics comme sur les plans, partagée en quatre sections: la Cité, la Ville, 1 Uni-veisité et les Faubourgs®. Chacune de ces sections avait ses limites déterminées.L Université, entourée de murailles sous Philippe-Auguste , était bornée, au nord,
ceinte de Philippe-Auguste . Elle était située rueSaint-Jacques, entre la rue Saint-Hyacinthe et larue des Fossés-Saint-Jacques. — La porte Saint-Michel fermait la rue de la Harpe à son extrémitéméridionale ; la fontaine qui a été démolie pourle percement du boulevard Saint-Michel, indi-quait très - exactement sa place. La porte Saint-Jacques et la porte Saint-Michel furent détruites eni 68 à. — Enfin le couvent des Chartreux s’élevaità l’endroit où commence la dernière moitié du jardinactuel du Luxembourg .
(1) Le collège du Cardinal-Lemoine était situérue Saint-Victor, un peu au-dessus du séminaireSaint-Nicolas-du-Chardonnet.
m Les lettres patentes de la fondation sont dui5 mai 1 635.
Registre des délibérations du conseil de la fon-dation du collège Mazarini . Archives de l’Empire,série MM,registre n° à 6 a, p. a3.
(*) Antoine Vallot fut nommé médecin du roi eni65a, à la mort de Vautier ; s’il faut en croire GuiPatin , il avait dû acheter cette charge 3o,ooo livres,
qui furent payées à Mazarin. Vallot était directeurdu jardin des Plantes , il y introduisit de grandesaméliorations, et ce fut là qu’il mourut en 1671 .
(5) Voyez encore G. Patin: «■ J’ai été aujourd’huite au pays latin, qui est l’Université. * (Lettre duüU mai i65o, à Spon, t. II, p. i5.)
m Cette division n’était pas purement arbitraire,elle était tout indiquée par le cours de la Seine .Palma Cayet écrivait, quelques années seulementavant l’époque qui nous occupe: crParis est divisétr comme en trois villes par la rivière de Seine quicr passe au milieu. La partie qui est à la main dextretrdans l’Isle de France se nomme la Ville, et de cecreosté est Sainct-Denis et le bois de Vincennes .et L’autre partie, qui esta gauche de ladicte rivière,rcest nommée l’Université ; et la troisiesme partie,rrqui est une isle entre la Ville et l’Université, dansrclaquelle sont les deux magnifiques bastiments decria grande église Nostre-Dame et du Palais Royal,croù se tient la Cour de Parlement, siège des Pairsde France , se nomme la Cité.* (Chronologie nové-nairc, livre II.)
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