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disposa dans la nouvelle salle la boiserie et les quarante-deux pilastres d’ordrecorinthien qui décoraient auparavant le réfectoire des religieux de Saint-Denis .Cette salle se trouva donc partagée, comme la précédente, en deux ordonnancesde tablettes, séparées par un balcon correspondant de plain-pied avec celui de lagalerie Mazarine. Le nouveau local était, en outre, flanqué vers le milieu dedeux cabinets, et l’on avait l’intention de consacrer l’un aux manuscrits, l’autreaux éditions du xv e siècle.
Les travaux étaient terminés, les tablettes posées, les peintures finies, et on allaitcommencer le transport des volumes, quand le ministre arrêta, le 3 août 180Z1,que la galerie serait occupée par une collection d’ornements d’architecture mouléssur l’antique et destinés aux écoles des Beaux-Arts.
Cette décision fut modifiée deux ans après. Le collège Mazarin , qui, successi-vement, avait été transformé en maison d’arrêt, avait abrité le comité général dudépartement et avait failli devenir une école centrale, reçut encore une des-tination nouvelle : le 3 brumaire an iv, les anciennes académies qui siégeaientau Louvre furent rétablies sous le nom d’institut de France , et installées dans lesbâtiments du collège Mazarin . La chapelle, métamorphosée et privée du mausolée (')de son fondateur, fut consacrée aux séances du corps savant qui avait remplacéles écoliers. L’Institut prit aussi possession de la nouvelle galerie, et, la trouvanttoute disposée pour recevoir une bibliothèque, il y établit bravement la sienne.
Bientôt il demanda plus encore, et il fallut cjue la bibliothèque Mazarine luifournît une salle pour ses séances particulières. O11 fut alors obligé de couper endeux par une cloison la grande galerie destinée aux lecteurs ('â. Aucune modificationn’eut lieu d’ailleurs dans l’arrangement des livres, le ministre ayant réglé qu’unedécision ultérieure ne pourrait jamais causer ni leur déplacement ni la cessionabsolue du local.
En somme, les 5o,ooo volumes recueillis par l’abbé Leblond n’avaient pas en-core changé de place. De nouvelles réclamations s’élevèrent; elles furent assezpressantes pour engager M. de Champagny, alors ministre de l’Intérieur, à venir s’as-surer par lui-même et du désordre causé par l’exiguïté du local et de l’urgencedes travaux qui lui étaient demandés. A la suite de cette visite, il autorisa, sur undevis de 23,000 francs, la création de la galerie supplémentaire qui existe aujour-d’hui dans les combles.
L’exécution de ce projet présentait de grandes difficultés. Les combles de labibliothèque sont formés d’une ogive coupée par un plafond qui suit les inclinai-sons de la charpente du toit. A l’angle de réunion s’attachent des tirants de fer qui
(l) Il fut transporté au musée des Petits-Augus-tins: voyez Al. Lenoir, Description historique et chro-nologique des monuments, etc. p. 97/1. Il est au-jourd’hui au musée du Louvre.
(2) A. L. T. Vaudoyer, Plan, coupe et élévation del’Institut impérial de France, suivant la nouvelle res-tauration. Cette cloison subsista jusqu’en 1860.