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Tome troisième.
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HÔTEL DE VILLE.

sement, se glorifier de leur avoir ouvert un trésor propre à enrichir leur esprit. C’est une penséequ’on pourroit exprimer par le distique suivant :

Commoda dum viclûs Regina Lutetia præbet,

Ingenii doctas hic quoque fundit opes

Ces (leux vers, qu’on sait être de Bonamy, et qui furent inscrits plus tard, aprèsun léger remaniement, sur la porte d’entrée de la nouvelle bibliothèque, équi-valent à une signature : le bibliothécaire-historiographe en offrait la primeur auxlecteurs du Journal de Verdun,

Mais Moriau avait formé sa bibliothèque pour son usage personnel, et les centquatre-vingt-quatorze volumes et sortis de l’armoire du Petit Trésor tenant aux Pe-tci tiles Archives, n où ils avaient été déposés dès 1 y 34 , «dans l’idée ,de former un«commencement de bibliothèque^,» n’avaient pu suffire à combler les lacunesqui s’étaient révélées dans le nouveau dépôt littéraire. Dès le mois d’août, c’est-à-dire quatre mois à peine après l’ouverture, Bonamy représentait au Bureau de laVille «qu’il manquoit à la bibliothèque de certains livres auxquels le public a«recours fort souvent; qu’entre autres les Mémoires de l’Académie n’y étoient pas«à beaucoup près complets; que la partie des anciens auteurs et poètes y étoit«fort succincte, ainsi que plusieurs autres parties qui dévoient composer une«bibliothèque publique (3) .» Bonamy terminait sa requête en faisant observerqu’il était nécessaire d’acquérir immédiatement les ouvrages manquants, maisqu’on pouvait échapper à cette nécessité en acceptant, moyennant une renteviagère, sa propre bibliothèque, laquelle était «assez considérable pour remplir« une bonne partie des vuides qui se trouveroient dans celle de la Ville. »

L’arrangement proposé, ayant paru avantageux, fut conclu par délibération duBureau de la Ville, en date du 18 août 1763. Une rente viagère de six cents livres,réversible par moitié sur la tête de Bonamy, fut stipulée au profit de Marie-Madeleine Bonamy, sa sœur et son unique héritière, et la bibliothèque du savanthistoriographe fut immédiatement incorporée à celle de la Ville. Nous possédonsheureusement le catalogue de cette importante collection : les extraits étendusque nous en donnons aux Appendices W permettront d’apprécier le nombre et lavariété des ouvrages. On y trouve fréquemment la signature de Bonamy sousforme dé ex libris.

Cinq ans plus tard, un arrangement de même nature fut conclu entre le Bureau

(') Journal historique sur les matières du temps,mai 1763, p. hoo.— Voir également les almanachsroyaux, à partir de 1763. On y trouve chaque an-née quelques lignes sur la bibliothèque de la Ville.

(s) Note annexée à la délibération du Bureau dela Ville. Voir Appendice IX.

;3) Appendice X.

(4) Appendice XI.