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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
de la Ville avec le procureur du Boy et de ladite Ville pour les affaires d’icelle, M. le Pre'vostdes Marchands a dit que, dès les commencemens qu’il a eu l’honneur de remplir cette place, ledécès du sieur abbé de La Grive, géographe de la Ville, étant arrivé, il avoit eu connoissance,lors de son inventaire, de la collection de gravures, desseins et manuscripts, de tous ses ou-vrages concernant tant cette Ville de Paris que ses environs; que, sentant des lors l’avantage quela Ville pourroit retirer un jour de la collection, le peu d’avantages que le peuple en retireraitsi lors de la vente de ses effets celte collection étoit vendiie par division, ne voyant pas, d’unautre côté, possibilité à la Ville de faire cette acquisition en argent comptant dans le coursd’une guerre qui durait depuis longtemps, lui fit prendre le parti daccepter la proposition quilui fut faitte alors par M. Du Fresne d’Aubigny, gentilhomme ordinaire du Boy, dans la maisonduquel demeurait ledit feu abbé de La Grive, d’en faire l’acquisition en se rendant adjudicatairedans l’espérance que, lorsque la paix serait faitte, la Ville pouroit plus aisément en faire dusieur d’Aubigny; que le sieur d’Aubigny s’en est effectivement rendu alors adjudicataire et afait transporter lesdits effets en son logement à l’hôtel de l’École royale militaire, dont il avoitété dans ce temps nommé directeur général des études; que depuis ce temps ledit sieur d’Aubi-gny a été fort sollicité de se défaire de cette collection, et se trouvoit encore dans le même cas,mais y avoit résisté autant qu’il lui avoit été possible, sentant par lui-même l’importance decette réunion à la Ville, par les objets que renferme ladite collection, et que pour effectuerplus aisément cette réunion à la Ville, et qu’elle ne se trouvant plus dans le cas d’en pouvoirêtre privée un jour, il venoit de lui faire proposer cette acquisition pour la Ville, moyennantune rente viagère : M. le Prévost des Marchands, nous ayant lu le détail par écrit de touttes les-dites planches de gravures, desseins et manuscrits dudit sieur abbé de La Grive, a ajouté que,sentant ainsi que lui que, ne pouvant trouver plus de détails circonstanciés dans tous les quar-tiers de cette ville, propres non seulement à éviter beaucoup de dépenses dans les projets d’em-bellissements, mais encore à fournir beaucoup de connoissances au renouvellement du terrierde la Ville que Nous avons ordonné, il croit qu’il est de la plus grande importance pour lesintérêts de la Ville que le Bureau saisisse celte proposition de M. d’Aubigny pour faire acquisi-tion de ces effets dont on connoit la justesse et la précision. Sur quoi, la matière mise en déli-bération , ouï et à ce consentant le procureur du Roy et de la Ville, Nous avons arrêté et délibéré,arrêtons et délibérons que, pleinement convaincus de l’excellence, de la justesse et de la préci-sion des ouvrages dudit feu sieur abbé de La Grive et de la nécessité dans laquelle la Ville setrouvera dans le besoin d’en faire usage en beaucoup d’occasions, mais encore l’utilité qu’elle ytrouvera pour le renouvellement de son terrier que nous venons d’ordonner, il sera fait acqui-sition de tous lesdits ouvrages étant en la possession dudit sieur Du Fresne d’Aubigny, tels qu’ilssont énoncés dans l’état que nous venons d’examiner, moyennant une rente viagère telle quenous en conviendrons avec ledit sieur d’Aubigny, pour être ensuite lesdits ouvrages rapportés auBureau, recensés sur ledit état certifié dudit sieur d’Aubigny et déposés au greffe de la Ville,sauf au Bureau à faire faire la continuation [des caries] qui ne sont pas achevées par telle per-sonne capable que nous commettrons, et à faire remettre au net partie de ceux qui en aurontbesoin.
Fait au Bureau de la Ville, les jour et an que dessus.
Signé : Camus, Mercier, Barille, Devarenne,Deshaïes et Jollivet.