354 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
de Sainte-Barbe, dès cette époque, avait quelques livres à l’usage de ses maîtreset de ses élèves.
La bibliothèque de cette Maison dut recevoir un accroissement notable du legsque lui lit Robert Dugast, un de ses plus illustres principaux, dont le nom s’estconservé jusqu’à nos jours à l'institution de Sainte-Barbe. Par une dispositionsupplémentaire de son testament, en date du 27 avril 1 558 , R. Dugast déclaredonner à Sainte-Barbe sa librairie, c’est-à-dire les livres de sa bibliothèque W.
Vingt-huit ans plus tard, un autre principal du collège, Antoine de Tremblay,laissa par testament une somme de deux cents livres, pour faire creuser un nou-veau puits dans l’établissement; mais il en fut décidé autrement. Les supérieursde cette maison trouvèrent que le défunt n’avait pas eu assez de soin des livresde la bibliothèque, qu’il en avait laissé plusieurs se gâter ou se perdre, et qu’ilvalait mieux employer une partie de son legs à réparer ce dommage I 2 '.
Le 1 9 novembre 1782, mourait un homme qui avait consacré toute son affec-tion à Sainte-Barbe : c’était Simon Menassiez II ne pouvait oublier dans son tes-tament la maison qui lui était si chère; c’est ce que prouve ce distique qu’ilécrivit de sa main, à la fin de son testament, et qui résume ses dernières volontés :
Corpus, opes, libros, missas bursamque relinquoBarbaricis, cor avis, et sua cuncta Deo.
Mais Sainte-Barbe ne profita guère de cette donation. Jacques Menassier, frèredu défunt et son exécuteur testamentaire, garda indéfiniment entre ses mains lesbiens du donateur, a Un très-bel appartement, dit M. Quicherat , une bibliothèquetf de prix, des tentures, des ustensiles de toutes sortes, gardés sous les scellés pen-ce dan t quarante ans, 11e rapportèrent pas le dixième de leur valeur lorsqu’on les«vendit au bout de ee temps, passés de mode, détériorés par les vers et par la«poussière n
Voilà tout ce que l’on sait sur l’ancienne bibliothèque du collège de Sainte-Barbe. Quant à sa valeur littéraire, nous n’en pouvons rien dire; nous n’avonstrouvé aucun catalogue qui pût nous renseigner à ce sujet. La bibliothèque ac-tuelle de cette maison ne provient en aucune façon de celle dont nous avonsparlé: elle est due à la générosité de M. Labrouste, son avant-dernier directeur.
(1) J. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe , col- taire des arrêtés des supérieurs; dans Quicherat .loge, communauté, institution (3 vol. in-8°, Paris , t. II, p. 67.
Hachette , 1860-1 804 ), t. II, p. i 5 . m Archives de l’Empire, série M, carton n° 189 ;
m Archives de l’Université, carton 22 ; inven- ibid. t. Il, p. 226 et 227.